L’énergie nucléaire repose sur une découverte récente : la radioactivité, mise en évidence en 1896 par Henri Becquerel. Au XXe siècle, les avancées se sont succédé : réaction de fission, réaction en chaîne, bombe atomique, puis le premier réacteur civil construit dans les années 1950 au Royaume-Uni. Entre les années 1970 et 1990, de nombreuses centrales ont vu le jour, entraînant une forte croissance de la production nucléaire.
Malgré cela, cette énergie ne représente aujourd’hui que 9 % du mix électrique mondial. Elle connaît néanmoins un regain d’intérêt dans le cadre de la transition énergétique grâce à ses atouts : une production bas-carbone, contrairement aux centrales fossiles, et pilotable, contrairement aux énergies renouvelables intermittentes.

L’évolution de la production d’énergie nucléaire
Les années 70-90 : une période de croissance rapide
Après la mise en service du premier réacteur nucléaire civil au Royaume-Uni en 1956, les centrales se sont multipliées dans les pays développés, principalement aux États-Unis, en France, au Japon et en Allemagne. Une vague de constructions centrée autour des années 1980 a entraîné une forte croissance de la production mondiale d’électricité nucléaire avec une augmentation annuelle proche de 18 % entre les années 1970 et 1990.
Cependant, cette croissance masque des dynamiques nationales contrastées : si les États-Unis et la France ont connu une progression rapide jusqu’à la fin du XXe siècle, le Japon et l’Allemagne, initialement sur des trajectoires similaires, ont décroché. En Allemagne, des décisions politiques ont freiné le développement après des accidents très médiatisés, comme Tchernobyl. Quant au Japon, il a été contraint d’arrêter ses centrales après l’accident de Fukushima en 2011 et commence progressivement à les redémarrer.
Le début du XXIe siècle : stagnation de la production nucléaire à l’échelle mondiale, somme de deux tendances opposées
Depuis le début des années 2000, la production nucléaire mondiale stagne, reflétant deux tendances opposées : un déclin en Occident, marqué par des fermetures de réacteurs pour raisons politiques ou liées à leur fin de vie, et une forte croissance en Asie, notamment en Chine. Ce pays, devenu le nouveau moteur de la filière nucléaire, a connu une vague rapide de constructions, lui permettant en vingt ans de devenir le deuxième plus grand producteur d’électricité nucléaire, dépassant la France et se plaçant derrière les États-Unis.
(1) Ember (2024), retraité par Our World in Data ;
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Par Chloe MAGUET
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