Longtemps perçu comme un secteur centré exclusivement sur le prix et la standardisation, l’hôtellerie économique est désormais à l’avant-garde d’initiatives concrètes pour concilier performance et durabilité. Sa capacité d’innovation, couplée à des effets d’échelle puissants (chaînes multisites, standards de marque), lui permet de diminuer rapidement son impact environnemental. La pertinence d’une approche durable est renforcée par la pression réglementaire – directive européenne CSRD, taxonomie verte – et par l’évolution des attentes des clients, des investisseurs et du régulateur. 

« Nous ne considérons plus la durabilité comme une contrainte, mais comme un accélérateur de performance. Chaque investissement durable contribue à la fois à la valorisation de l’actif et à la
satisfaction de nos clients », affirme Yahia Ben Othman, directeur général de la société d’exploitation hotellière Honpô. 

La sélectivité et l’innovation, fondements d’une stratégie durable 

Le marché de l’hôtellerie économique connaît une résilience structurelle. En France, le taux d’occupation moyen du segment économique atteignait 63,5% en 2024 (BNP Real Estate). Cette performance illustre la solidité du modèle et sa capacité à absorber des investissements liés à la transition durable. La sélectivité s’exprime d’abord au niveau géographique : implanter les établissements dans des zones bien desservies par les transports publics permet de limiter la dépendance automobile des clients. Les hôtels situés dans les gares, zones aéroportuaires ou périphéries connectées captent à la fois une clientèle professionnelle et loisirs, tout en réduisant l’empreinte carbone des déplacements. 

Ensuite, le choix technologique est décisif : nouveaux bâtiments BBC ou rénovations thermiques, systèmes de pilotage énergétique (capteurs de présence, gestion centralisée du chauffage/climatisation), optimisation de l’eau (réducteurs de débit, récupération des eaux grises). Accor, par exemple, vise une réduction de 46% de sa consommation énergétique par chambre d’ici 2030, objectif applicable à ses marques économiques. 

L’innovation se joue aussi dans les usages : mobilier en matériaux recyclés, suppression des produits à usage unique, petits-déjeuners privilégiant les circuits courts, et partenariats avec des start-up pour transformer les invendus alimentaires. 

« Notre rôle en tant que gestionnaire est de déployer des solutions techniques qui ont fait leurs preuves. Chaque site devient un laboratoire vivant, dont les bonnes pratiques sont rapidement généralisées à l’ensemble du portefeuille », explique Yahia Ben Othman.

 

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 Par Mickaël Blondel, directeur du développement chez Balestra

 

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