La transition énergétique repose sur des minéraux tels que le cobalt, le lithium, le nickel et le tantale. Or, nombre de ces ressources proviennent d'États fragiles où la protection des droits humains est faible, ce qui fragilise les travailleurs et les communautés. L'exploitation minière artisanale et à petite échelle, qui constitue le volet informel du secteur minier, bien qu'importante source de revenus pour beaucoup, est particulièrement exposée au manque de normes de santé et de sécurité.
Assurer une transition plus durable signifie s’attaquer de front à ces risques, non seulement en réduisant les émissions de carbone dans la production, mais aussi en protégeant les personnes dont le travail soutient les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Pour explorer ce défi, notre responsable de la gestion, Julia Wittenburg, s'est entretenue avec Doro Baumann-Pauly, directrice du Centre de Genève pour les entreprises et les droits de l'homme, pour discuter des risques les plus importants et de la manière dont les entreprises, les gouvernements et les investisseurs peuvent travailler ensemble pour protéger les droits de l'homme dans la course aux minéraux critiques.
Julia : Quels minéraux critiques présentent les chaînes d’approvisionnement les plus à risque du point de vue des droits de l’homme ?
Doro : « Chaque chaîne d’approvisionnement comporte des risques pour les droits humains. Mais pour les chaînes d’approvisionnement en métaux et les métaux essentiels à la transition énergétique, les défis sont particulièrement importants. Ces chaînes s’étendent à des juridictions où les gouvernements ne peuvent ou ne veulent pas protéger les droits humains fondamentaux, principalement dans les pays du Sud, à quelques exceptions près en Australie et au Canada. »
Cette réalité renforce la responsabilité des entreprises internationales de protéger les droits fondamentaux des travailleurs et des communautés et de combler les lacunes de gouvernance. Elle s'accompagne également d'une responsabilité accrue pour les entreprises en aval qui bénéficient de ces minéraux critiques, ainsi que pour les gouvernements occidentaux qui mettent en place des mesures incitatives, par exemple pour la transition vers les véhicules électriques.

Par Julia Wittenburg, Responsable de l'intendance
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