La flambée de l’or noir provoque-t-elle des nuits blanches chez les banquiers centraux ?

Arnaud BENOIST VIDAL FAArnaud Benoist-Vidal, Gérant d’actifs

On pourrait le croire depuis la conférence de presse de la BCE du jeudi 19 mars et les multiples apparitions de sa présidente ces derniers jours. Dans un entretien du 25 mars auprès de The Economist, Christine Lagarde a déclaré que « nous sommes confrontés à un véritable choc, probablement au-delà de ce que nous pouvons imaginer à l’heure actuelle ». À la question relative à la nécessité ou non d’une hausse des taux d’intérêt, elle est restée évasive : « Je ne sais pas si c’est nécessaire », a-t-elle déclaré, « car cela pourrait être lourd et de courte durée », tout en insistant sur le fait que la BCE est « bien positionnée pour réagir ». Les marchés sont-ils trop complaisants, comme le penserait Christine Lagarde, et sous-estiment-ils ce risque de choc dans leurs allocations ?

Le blocage du détroit d’Ormuz ne concerne pas uniquement le pétrole

Tous les projecteurs sont actuellement braqués sur cette route maritime étroite située à l’embouchure du golfe Persique, entre l’Iran et le sultanat d’Oman. Depuis le début du conflit, les commentaires sont focalisés essentiellement sur les flux d’hydrocarbures empruntant cette voie et notre dépendance énergétique. Il existe malheureusement d’autres biens intermédiaires qui sont transformés dans la région grâce à son avantage concurrentiel énergétique : l’aluminium, les plastiques et surtout les engrais. Ainsi, autour de 8 à 10 % de l’aluminium et de 11 à 13 % des polyéthylènes produits dans le monde le sont dans des pays du Golfe. Ces chiffres sont suffisamment élevés pour provoquer des perturbations dans les approvisionnements. L’impact est encore plus fort dans les engrais azotés, avec environ 23 % du commerce mondial d’ammoniac et surtout 45 % de la production mondiale d’urée.

 

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Éditorial par Arnaud Benoist-Vidal, Gérant d’actifs

 

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