Alors que les impacts climatiques s’intensifient, l’adaptation gagne en reconnaissance et s’affirme comme un champ clé d’action pour les territoires et les investisseurs.

Florian Allain gérant actions Mandarine GestionEtienne Pierrard, Analyste ESG

Le début de l’année 2026 est marqué par une succession d’épisodes révélateurs du dérèglement climatique. Le mois de février était le cinquième plus chaud jamais enregistré à l’échelle mondiale avec une anomalie de température estimée à +1,49 °C par rapport à la période préindustrielle1. Ce climat plus chaud favorise l’apparition de dépressions, de précipitations et les rafales de vent gagnent en fréquence et en intensité. Les exemples se succèdent. Au cours des trois derniers mois, l’Ouest et le Sud-Ouest de la France ont connu un épisode pluvieux exceptionnel de 35 jours consécutifs, suivi en janvier d’une série de tempêtes qui ont balayé l’Europe : Gorreti dans le nord-ouest de la France, Harry en Espagne et en Italie, puis Joseph au Portugal2.

Un impératif d’adaptation des infrastructures européennes

Cette multiplication d’événements climatiques met sous pression les infrastructures européennes. Un rapport de la Commission européenne publié en janvier3 souligne que pour réduire son exposition aux effets du changement climatique, l’Europe devra mobiliser 70 milliards d’euros par an jusqu’en 2050. Les besoins d’investissement se concentrent principalement sur le bâtiment et l’agriculture : d’une part pour renforcer l’isolation des logements et adapter nos villes, d’autre part pour développer des systèmes agricoles plus résilients face à la sécheresse. Le rapport insiste également sur le rôle déterminant de la finance privée et précise que « des projets tels que la rénovation de bâtiments, ou des technologies économes en eau peuvent générer des rendements privés suffisants pour justifier leur mise en oeuvre par les entreprises ».

Atténuation : des progrès réels mais encore incomplets

Ce besoin croissant de financements pour l’adaptation met en lumière la difficulté persistante de nos économies à réduire suffisamment leurs émissions de gaz à effet de serre. Si l’Europe se rapproche de son objectif de -55 % en 20304 (avec une trajectoire actuelle à -54 % et une baisse de 37,2% de ses émissions domestiques en 2024 par rapport à 1990)5, une part significative de ses émissions indirectes, non comptabilisées, continue toutefois d’être importée de pays fortement émetteurs. Les entreprises progressent cependant rapidement dans la structuration de leurs trajectoires. Plus de 10 000 entreprises disposent aujourd’hui d’engagements validés par la Science Based Targets Initiative6, représentant 40 % de la capitalisation mondiale. Une part importante de ces entreprises est domiciliée en Europe, notamment en France puisque 85 % du CAC 40 a d’ores et déjà validé une stratégie de réduction auprès de l’initiative.

 

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Par Etienne Pierrard, Analyste ESG chez Mandarine Gestion

Achevé de rédiger le 16 avril 2026

 

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