La guerre en Iran a relancé le débat sur la nécessité de réduire la dépendance aux ressources provenant de zones de conflit, mais la transition vers l’électrification ne suit pas le rythme des évolutions géopolitiques, explique Colin Graham, investisseur multi-actifs. 

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La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une nouvelle flambée des prix du pétrole et du gaz, après les pics enregistrés précédemment lors de la guerre en Ukraine et de la pandémie de Covid. Alors que l’électrification s’accélère et que les énergies renouvelables connaissent une croissance rapide, le monde continue de dépendre de l’essence et du kérosène, ainsi que des combustibles fossiles utilisés dans la fabrication des engrais, des plastiques et des vêtements. Il dépend également des minéraux stratégiques nécessaires à l’électrification.

« Le paysage énergétique est en pleine mutation sous l’effet de chocs récurrents : perturbations géopolitiques, volatilité des prix des carburants et accélération de la demande d’électrification dans les secteurs des transports, du bâtiment et des infrastructures de données », explique Colin Graham, responsable de l’équipe Multi-Asset Solutions chez Robeco.

« Ce contexte a conduit à une remise en question fondamentale de ce que signifie l’autosuffisance énergétique dans une économie moderne et interconnectée. » Historiquement, la sécurité énergétique était définie par l’accès aux réserves physiques de pétrole et de gaz. « Aujourd’hui, cela se traduit par la capacité à produire, stocker et gérer l’énergie en utilisant les infrastructures, les sources et les technologies nationales. »

« Par conséquent, la sécurité énergétique fondée sur l’électrification dépend aussi d’un éventail plus large de minéraux essentiels, qui ne se trouvent pas toujours dans des zones facilement accessibles, que ce soit sur le plan géographique ou politique. »

« Les énergies éolienne et solaire requièrent des métaux rares, tandis que les véhicules électriques dépendent du lithium et du cobalt pour leurs batteries, et que l’extension des réseaux électriques s’appuie sur des câbles en cuivre. » « L’autosuffisance englobe des enjeux bien plus larges que la seule problématique des combustibles fossiles.

La course à l’indépendance

Parvenir à cette autonomie constitue désormais une priorité pour les trois principales puissances économiques mondiales — la Chine, l’Union européenne et les États-Unis —, bien que ce processus progresse à des rythmes différents, comme l’illustre le tableau 1.

En 2025, la Chine a investi 800 milliards de dollars dans les énergies renouvelables sur son territoire, notamment pour développer un parc solaire de la taille de Paris. Au cours des cinq dernières années, les dépenses totales du pays ont dépassé les 3 000 milliards de dollars. Pour l’Union européenne et les États-Unis, les investissements n’ont représenté qu’environ la moitié de ce montant.

 

Par Colin Graham, Head of Multi Asset & Equity Solutions, Co-Head Investment Solutions

 
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