Malgré un contexte géopolitique et économique incertain, la période estivale a finalement été assez calme témoignant de la résilience grandissante des marchés - de l’aveuglement diraient certains - face aux différentes sources de volatilité. En sera-t-il de même avec une rentrée sous un ciel plus sombre.
Éric BERTRAND, Directeur Général Délégué, Directeur des gestions, OFI INVEST
Aux États-Unis, les coups de boutoir de Donald Trump contre l’indépendance de la Réserve fédérale américaine, s’ils sont à surveiller, n’ont pour l’instant pas entamé la crédibilité de la Banque Centrale Européenne. Nous pensons que l’économie américaine devrait ralentir au second semestre sous son potentiel et l’emploi se dégrader progressivement. L’inflation devrait augmenter modérément sous l’effet des droits de douane - en l’état actuel - mais ne devrait pas empêcher la Fed de baisser ses taux d’intérêt à deux reprises d’ici la fin de l’année. Nous maintenons notre vue positive dans ce contexte sur les taux longs américains à 4,25 %. Selon nous, tout interventionnisme
politique sur la Fed devrait conduire à une pentification de la courbe, voire une défiance sur les actifs longs.
Si l’économie de la zone Euro se maintient à un niveau modeste, elle devrait selon nous prendre un peu de vigueur en 2026, notamment sous l’effet des plans allemands. Ceci conjugué à une inflation revenue à son objectif devrait conduire la BCE à laisser ses taux inchangés pendant une période prolongée.
Le sujet en Europe vient du cas français avec le vote de défiance à l’encontre du gouvernement de François Bayrou, réduisant les espoirs de diminution significative du déficit public. La note de la France dans ce contexte incertain devrait être dégradée dans la catégorie « A » dans l’année qui vient, ce qui est déjà largement intégré dans l’écart de
taux avec l’Allemagne. Si les aléas politiques des prochaines semaines pourraient voir de la volatilité sur ce spread, le point de bascule nous paraît être autour de la démission potentielle du président Emmanuel Macron qui enlèverait suffisamment de visibilité aux créanciers étrangers - qui détiennent 55 % de la dette - pour s’interroger, non plus sur leurs flux, mais sur leur stock. Ce n’est pas notre conviction aujourd’hui et nous sommes plutôt acheteurs d’OAT sur des épisodes de tensions.
Nous sommes plus prudents sur le marché du crédit, après deux ans très positifs, car si les portages restent intéressants en absolu, les spreads de crédit nous semblent très serrés et l’offre de dette souveraine de plus en plus concurrentielle.
Côté actions, après une belle performance du marché américain pendant l’été, nous restons neutres sur l’Europe et les États-Unis dans l’attente de mouvements de correction pour se repositionner dans l’anticipation graduelle des résultats de 2026.
Par Éric BERTRAND, Directeur Général Délégué, Directeur des gestions, OFI INVEST AM
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