Amaury Demarta, dirigeant de Millenium Gestion Privée, partage sa vision d’une gestion de patrimoine sur mesure et sans rétrocessions. Il expose les spécificités du multi-family office ainsi que ses ambitions de croissance organique.
L'équipe Millenium Gestion Privée
(De gauche à droite) Frédéric Rensonnet, Amaury Demarta et Arnaud Aussaresses
- Quel a été votre parcours jusqu’à présent et qu’est-ce qui vous a inspiré à vous orienter vers la gestion de patrimoine ?
La gestion de patrimoine est le prolongement d’une riche carrière en banque d’investissement.
Pendant plus de 20 ans j’ai vécu au rythme des marchés financiers. J’étais spécialisé sur le marché des changes (devises des pays émergents). C’était un quotidien intense, occupé à gérer les risques de mes équipes, à rencontrer les clients institutionnels de la banque (fonds de pension, banques centrales, fonds souverains, hedge fund). Je pense avoir acquis grâce à cela un solide bagage en matière d’analyse macroéconomiques, risk management et investissements financiers.
En 2016 j’ai décidé de changer de rythme et de me lancer dans l’entreprenariat dans la gestion de patrimoine. L’idée était de mettre mes compétences financières au service d’une clientèle privée. Mais comme la gestion de patrimoine ce n’est pas que de l’investissement financier, j’ai choisi de me muscler sur la partie juridique et fiscale en reprenant la direction de la fac. J’ai suivi deux cursus en même temps : le DU expert en gestion de patrimoine de l’Aurep ainsi que le master gestion de patrimoine et banque privée de Dauphine.
En 2017 j’ai pu créer le multi family office Millenium Gestion Privée.
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Comment décririez-vous le cabinet aujourd’hui en termes de services, valeurs et objectifs principaux ?
Après 2 années de tâtonnement sur la vision de mon business model, j’ai désormais une feuille de route bien établie.
La philosophie de Millenium Gestion Privée est d’avoir une approche « boutique » : nous ne proposons pas de prêt à porter mais uniquement du sur mesure.
Nous ne sommes pas centrés sur la course à taille, notre préoccupation première est la satisfaction client. Nous avons un nombre limité de clients et souhaitons restés disponibles pour eux.
J’ai fait le choix depuis plusieurs années de proposer des conseils en gestion de patrimoine rémunérés uniquement par des honoraires. Aucune rétrocession ! Ce besoin de transparence sur notre rémunération me semble désormais indispensable dans la relation client, ce dernier doit être en toute confiance et tout conflit d’intérêts doit être évacué.
Nous intervenons sur tous les sujets patrimoniaux, que ce soit la structuration et l’organisation du patrimoine, la fiscalité, les investissements financiers et immobiliers. Nous avons également développé depuis 2 ans une pratique sur les sujets de gouvernance familiale et de philanthropie qui est gérée par Frédéric Rensonnet.
Nous travaillons beaucoup en interprofessionnalité, nous sommes convaincus que les problématiques de nos clients requièrent des expertises de plus en plus pointues. S’avoir s’entourer est une vraie compétence !
Ce positionnement a attiré de nombreux chefs d’entreprises (toutes générations confondues) qui représentent la grande majorité de nos clients. C’est bien souvent à l’occasion de la vente de leur entreprise que nous rentrons en contact. Aussi nous intervenons beaucoup sur les sujets de remploi suite à des apports/cession mais aussi sur de la sécurisation de capitaux à l’étranger. Nous avons une forte expertise sur le Luxembourg et plus particulièrement sur la pratique des Fonds d’Assurance Spécialisés (FAS).
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Comment percevez-vous l’évolution des réglementations sur votre métier et quelles adaptations envisagez-vous pour répondre à ces changements ?
La transparence et le conseil éclairé me semblent indispensables. Malheureusement à mes yeux, les législateurs/régulateurs ont une vision purement juridique/réglementaire qui semble bien déconnectée du terrain. Si on se positionne au niveau de nos clients, la masse d’informations qui leur est transmise est indigeste, et peu de clients en prennent vraiment connaissance.
De notre côté, nous avons des parcours de conseil entièrement digitalisés et nous maintenons un bon de gré de fluidité. Néanmoins cela reste un gros investissement en termes de temps consacré.
Pour nous adapter, nous sommes en vigilance sur les offres digitales disruptives dopées à l’IA. De nouveaux acteurs apparaissent avec une barrière à l’entrée de plus en plus basse, ce qui devrait nous permettre d’avoir des solutions encore plus efficaces et à un coût contenu.
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Avec quels partenaires collaborez-vous étroitement, et sur quels critères les choisissez-vous ?
Nous choisissons des partenaires qui pourront nous accompagner sur le long terme. Le niveau de digitalisation, la stabilité des équipes, la réactivité de nos interlocuteurs et enfin la qualité des back office sont nos principaux critères.
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Quelles réalisations majeures ont marqué 2024 et quels sont vos projets pour 2025 ?
2024 semble déjà bien loin !
Ce fut déjà un déménagement de nos bureaux dans le quartier du Trocadéro à Paris mais surtout ce fut une année de forte croissance. L’enjeu étant de maintenir un bon degré de service pour nos clients.
Désormais nous nous projetons sur 2026 et 2027. Nous souhaitons doubler la taille des encours conseillés d’ici fin 2027 et ce uniquement grâce à de la croissance organique. Nous avons commencé à recruter cette année avec l’arrivée d’Arnaud Aussaresses et poursuivrons l’année prochaine.
Dans un secteur en pleine mutation, dominé par la concentration de l’offre autour de grosses plateformes de wealth management, nous pensons que notre modèle fera de plus en plus écho auprès d’une clientèle sensible à l’accès à une vraie architecture ouverte et qui rémunère directement son conseiller.
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