• Les récentes décisions de Donald Trump ont ravivé les incertitudes, notamment l'augmentation des coûts de visas de travail H-1B à 100 000 dollars et l’annonce d’une nouvelle vague de droits de douane.
  • Les banques centrales de Chine et de Suisse ont fait le choix de maintenir leurs taux directeurs inchangés, en dépit du ralentissement économique et du faible taux d'inflation.
  • Les attentes du marché concernant des baisses de taux de la Fed se sont atténuées, et les taux américains et européens sont nettement remontés.

Les provocations russes se multiplient, avec des incursions de drones et d'avions dans l'espace aérien européen, rendant encore plus lointaine la perspective d'une résolution du conflit en Ukraine et d'une baisse des prix énergétiques.

Malgré le ralentissement économique et un taux d'inflation bas, les banques centrales de Chine et de Suisse ont choisi de maintenir leurs taux directeurs inchangés. Avec un taux de croissance des exportations à son niveau le plus bas depuis février (+4,4 %), signe que les anticipations d'importations américaines s'estompent, la banque centrale chinoise reste dans l’attente d’une meilleure visibilité sur la politique commerciale avec les États-Unis. La Suisse, de son côté, examine l'impact des 39 % de droits de douane américains et fixe des conditions strictes pour envisager un retour à des taux négatifs.

Aux États-Unis, les interventions des membres de la Fed ont mis en lumière des divergences : certains expriment des inquiétudes sur l'emploi, d'autres sur l'inflation. Les récentes décisions de Donald Trump ajoutent de la complexité à ce débat, notamment l'augmentation des coûts de visas de travail H-1B à 100 000 dollars et une nouvelle vague de droits de douane sur les camions lourds (25 %), les médicaments (100 %) et l'ameublement (50 %), ciblant principalement des pays alliés, excluant la Chine. Ces coûts supplémentaires devraient se répercuter à moyen terme sur l'inflation tout en risquant de réduire l'activité et l'emploi, dont la baisse est majoritairement liée à la diminution de l'offre de main-d'œuvre, conséquence directe de la politique anti-migratoire.

Pour le moment, les dernières données économiques confortent l'attentisme de la Fed, avec un indice PMI composite résilient à 53,6, ainsi que des commandes, un PIB et une consommation en hausse respective de 0,4 %, 3,8 %, et 2,5 % au deuxième trimestre. Les inscriptions hebdomadaires au chômage sont en baisse à 218 000 (vs 232 000). De plus, le dernier indice de prix sur le PIB s'est établi à 2,1 %, dépassant les attentes et le précédent taux de 2 %.

En Europe, les données sont plus mitigées. L'indice PMI manufacturier est de nouveau en zone de contraction à 49,5 contre 50,7 en août, tandis que le PMI Services rebondit à 51,4 contre 50,4 (sauf en France), ce qui amène l’indice composite de la zone euro à 51,2 versus 51. Au Royaume-Uni, l'activité continue de ralentir avec un indicateur d’activité à 51 contre 53,5 en août, et l’hypothèse d'un nouvel ajustement budgétaire de 30 milliards de livres se renforce.

À la lumière de ces annonces et des récentes données macroéconomiques, les attentes du marché concernant des baisses de taux de la Fed se sont atténuées, et les taux américains et européens sont nettement remontés. Nous considérons les points actuels comme tactiquement attractifs et avons augmenté nos scores sur les taux américains et européens. Nous maintenons une perspective positive sur les taux émergents et le portage du crédit Investment Grade, tout en restant prudents sur le dollar et les actions américaines.

Actions européennes

Comme indiqué ci-dessus, cette semaine a été marquée par la publication des indices d'activité PMI en zone euro. L’activité manufacturière est ressortie plus faible que prévu (49,5 en septembre contre 50,7 attendu), tandis que le secteur des services a dépassé les attentes (51,4 contre 50,4 attendu). Outre-Atlantique, avant la publication des indices PCE, les chiffres finaux de la croissance du PIB pour le deuxième trimestre se sont révélés plus solides que prévu (+3,8 % contre une prévision de +3,3 %), suggérant une économie américaine plus résiliente qu’attendu. En conséquence, les taux souverains américains ont augmenté, tout comme le dollar, tandis que les anticipations de baisse des taux directeurs de la Fed se sont légèrement ajustées.

Les ventes de voitures neuves en Europe ont progressé de +5,3 % en août par rapport à l'année précédente, et pour la première fois en plus d’un an, Stellantis voit ses ventes européennes progresser selon les données publiées par l’Association des constructeurs européens d’automobiles. Il convient également de noter la hausse du secteur de la défense (Hensoldt, Saab, Leonardo ou Rheinmetall) sur fond de renforcement des tensions géopolitiques entre l’Ukraine et la Russie. En revanche, ASM International a abaissé son objectif de chiffre d’affaires pour le second semestre 2025 dans le sillage d’une faiblesse de la demande sur ses marchés finaux. Un message de prudence donc pour le secteur européen de la technologie, moins exposé que son homologue américain à la dynamique de l’intelligence artificielle. Le géant du bricolage Kingfisher a revu ses perspectives à la hausse après une publication trimestrielle bien meilleure qu’attendu, signal d’une consommation résiliente, notamment au Royaume-Uni. Dans le secteur pharmaceutique, Roche a débuté la semaine sous de bons auspices grâce à la présentation de résultats positifs pour le Giredestrant dans le traitement du cancer du sein avancé, ainsi que des avancées remarquables dans la transformation de la recherche et développement sous la nouvelle direction. Enfin, Alstom, la multinationale du secteur des transports, profite de solides commandes au deuxième trimestre, particulièrement stimulées par les États-Unis, générant ainsi un flux de trésorerie robuste pour le second semestre. La direction devrait confirmer la réalisation des objectifs annuels et de moyen terme.

Actions américaines

Les marchés américains ont terminé en retrait cette semaine : le S&P 500 a reculé de 0,89 % et le Nasdaq 100 de 0,93 %, contrastant avec la tendance haussière observée lors des semaines précédentes. Ce repli s’explique en partie par la vigueur inattendue des données économiques, qui a modifié les anticipations de politique monétaire. Le PIB du T2 a été révisé à la hausse à +3,8 % sur l’année et les inscriptions hebdomadaires au chômage ont diminué à 218 000, contre 232 000 la semaine passée. Ces chiffres ont conduit les investisseurs à réduire la probabilité de deux baisses de taux de 25 points de base d’ici fin 2025 à 60 %.
Sur le plan politique, Donald Trump a signé un décret officialisant la vente des activités américaines de TikTok à un consortium d’investisseurs. En toile de fond plane le risque dans les prochaines semaines de « shutdown » et a fortiori de paralysie budgétaire, faute d’entente entre les démocrates et les républicains au Congrès. 
Le secteur de la santé a enregistré la moins bonne performance de la semaine, impacté par des discussions autour de potentiels droits de douane supplémentaires. Bien que ces augmentations restent pour l'instant très incertaines, elles pourraient éventuellement affecter les dispositifs médicaux et les médicaments de marque importés aux États-Unis. De nouvelles taxes viseront également les poids lourds et le mobilier. 
Du côté de la consommation discrétionnaire, CarMax est en retrait de 22 % après des résultats marqués par un repli des ventes et un affaiblissement de son activité financière. Les valeurs technologiques ont aussi pesé : Oracle (-5,6%) et Micron Technology (-3,6%) ont reculé sous l’effet de prises de bénéfices. À l’inverse, Intel (+14,9%) a poursuivi son rebond après des informations sur une possible entrée d’Apple à son capital. Nvidia a annoncé un investissement pouvant atteindre 100 milliards de dollars dans OpenAI, une opération qui alimente le débat sur la « circularité » de ces flux financiers, les fonds injectés parNvidia servant in fine à acheter ses propres puces, ce qui pourrait accentuer le risque de bulle dans l’IA. 

Dans l’industrie, Boeing a profité d’une commande de 75 B787 par Turkish Airlines, et General Dynamics d’un contrat informatique de 1,5 milliard de dollars. 

Dans la santé, Pfizer a annoncé un projet d’acquisition de Metsera, start-up spécialisée dans la perte de poids, tandis que GE Healthcare (-4,6%) a été affecté par l’ouverture d’une enquête américaine sur les importations d’équipements médicaux. Enfin, l’or poursuit sa trajectoire ascendante cette semaine, atteignant des niveaux historiques et se consolidant autour de 3 750 dollars l’once. 

 

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