En bref :
- Les titres investment grade des marchés émergents (IG ME) offrent des rendements corrigés du risque comparables à ceux des titres IG des marchés développés (MD), avec l’avantage supplémentaire d’une diversification face aux risques liés à la politique américaine.
- Les obligations IG ME restent sous-représentées en tant que stratégie de fonds autonome, en partie en raison de leur développement rapide et de la couverture médiatique souvent négative associée aux pays émergents.
- La gestion active peut exploiter la dispersion des spreads et les inefficiences propres à la classe d’actifs IG ME, offrant ainsi une opportunité intéressante au-delà des allocations passives ou crossover.
L’incertitude reste grande au second semestre 2025. Les principaux risques sont l’évolution des politiques tarifaires, la faible croissance des bénéfices, les tensions géopolitiques, les préoccupations quant à la viabilité de la dette américaine et au leadership de la Réserve fédérale, ainsi que les fortes valorisations des actions et d’autres actifs risqués. En Europe, les investisseurs s’inquiètent à la suite de l’augmentation des droits de douane à 15 %.
Dans ce contexte, les obligations investment grade des marchés émergents (IG ME) nous semble une alternative intéressante pour les investisseurs en quête de revenus à long terme et de résilience du portefeuille, tout en offrant une diversification face aux risques liés à la politique américaine.
Cependant, les stratégies dédiées aux obligations IG ME restent rares. Cette sous-représentation reflète à la fois l’évolution rapide de la classe d’actifs au cours des dernières décennies et les perceptions négatives persistantes associées aux marchés émergents, qui ont freiné leur inclusion plus large dans les allocations obligataires de base.
Fondamentalement, la dispersion des émetteurs de titres IG ME peut créer un terreau fertile pour les gestionnaires actifs qui souhaitent générer des rendements excédentaires (plus élevés) en optimisant les spreads et en diversifiant les émetteurs. Nous pensons que les obligations IG ME constituent une opportunité de plus en plus pertinente pour les investisseurs actifs qui cherchent à améliorer leur rendement sans augmenter significativement le risque de leur portefeuille.
Une décennie de développement
Au cours de la dernière décennie, l’univers de la dette des ME s’est considérablement élargi, passant de 1 000 milliards de dollars US à plus de 3 000 milliards de dollars US (selon les indices de BofA Merrill Lynch concernant les ME).
Dans les principaux indices de la dette souveraine des ME, la part des obligations IG est passée de moins de 10 % au milieu des années 1990 à environ 60 % aujourd’hui. Ce changement reflète en partie l’adoption de politiques macroéconomiques plus prudentes par de nombreux pays émergents, qui leur permettent de mieux absorber les chocs externes, de réduire leur vulnérabilité face à la volatilité des flux de capitaux et de renforcer la qualité globale de la dette. Des pays comme Oman, l’Azerbaïdjan, la Serbie et le Paraguay ont été surclassés dans la catégorie IG au cours des derniers mois, pour ne citer que quelques exemples. Parallèlement, la pondération du segment AA/A+ a également augmenté, soutenue par d’importants volumes d’émissions provenant de pays du Golfe très bien notés tels que l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar. Dans les indices des obligations d’entreprises des ME, les émetteurs IG représentent désormais environ les deux tiers de la capitalisation boursière.
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