High yields, les flux de capitaux changeants et les vents favorables structurels remettent la dette des marchés émergents à l'ordre du jour. Mais les investisseurs devraient-ils privilégier les obligations libellées en monnaie locale ou en devises fortes dans leur recherche de revenus et de résilience ? 

Les marchés émergents ont de nouveau le vent en poupe, surperformant les marchés développés et bénéficiant de plus en plus des mutations structurelles de l'économie mondiale. Cet environnement a ravivé l'intérêt pour la dette des émergeante : les obligations en monnaie locale ont été soutenues par un carry élévé et un dollar plus faible, tandis que la dette en devise forte a attiré des flux grâce à des rendements élevés et des fondamentaux solides.

Les perpectives de rendement à cinq ans de Robeco suggèrent que l'attrait de la dette émergeante n'est pas seulement cyclique, mais aussi structurel, avec des rendements de base annuels prévus à long terme de 6,25 % pour la dette en devise locale et de 4,50 % pour la dette en devise fortes soit des niveaux supérieurs à ceux des autres classes d'actifs à revenu fixe.1 Cependant, la dette des marchés émergents est loin d'être simple, chaque segment évoluant selon des dynamiques globales et locales propres en matière de taux, de spreads et de changes.

Alors, que devraient choisir les investisseurs ?

Nous avons organisé une « bataille de perspectives » fictive entre notre Portfolio Manager, Richard Briggs (RB), et notre hard currency Portfolio Managers Nicholas Sauer (NS), en leur demandant comment ils réagiraient face à une série de scénarios de marché réalistes.

La croissance mondiale ralentit, la Fed a commencé à baisser ses taux, le dollar américain s'est globalement affaibli (avec quelques fluctuations) et la demande de rendement reste forte. D'où pensez-vous que proviendront les performances à court terme ?

RB : Dans un cycle de dépréciation du dollar, la dette émergeante en devise locale tend à être fortement soutenue, car cette classe d'actifs est très sensible aux mouvements des taux de change, le dollar en étant le principal moteur. Un ralentissement de la croissance mondiale peut également être favorable aux marchés locaux, car il incite les banques centrales à assouplir leur politique monétaire, ce qui soutient les rendements obligataires locaux.

Le carry reste significatif sur la dette en devise locale. Bien qu'il puisse être érodé par une faiblesse des devises émergeantes, dans le contexte actuel de stabilité ou d'affaiblissement du dollar, les investisseurs peuvent tirer parti à la fois du carry et de la performance de change. À plus long terme, le dollar semble toujours surévalué : même avec la faiblesse observée cette année, il reste beaucoup plus fort qu'au début des années 2010, ce qui laisse entrevoir un potentiel supplémentaire de dépréciation.

En fin de compte, les principaux moteurs des devises des marchés émergents sont les flux financiers et les flux commerciaux. Même si les tensions commerciales restent un problème, les signes de réallocation hors des actifs américains suggèrent un environnement favorable à la dette émergeante en devise locale.

NS : Le contexte actuel est favorable aux rendements de la dette émergente en devise forte. Un ralentissement de l'économie américaine s'accompagne généralement d'une baisse des taux directeurs de la Fed et comme les obligations en devises fortes des marchés émergents sont libellées en dollars américains, elles évoluent en fonction de la courbe des taux américaine et bénéficient directement d'une baisse des rendements aux Etats.-Unis

Si la faiblesse du dollar n'a pas d'impact direct sur les actifs libellés en dollars, elle améliore toutefois les fondamentaux des marchés émergents, ce qui favorise un resserrement des spreads, autre facteur positif pour la dette émergeante en devise forte. Les rendements actuels sont également attractifs : à environ 7,7 %, ils se situent dans le 76e percentile historique. Ce revenu constitue un soutien solide pour les rendements attendus, avec un potentiel de hausse supplémentaire si les spreads se resserrent davantage ou si les rendements américains continuent de baisser.

 

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Article rédigé par Richard Briggs, Portfolio Manager / Nicholas Sauer, Portfolio Manager et Meena Santhosh, Client Portfolio Manager

 

1 Voir tableau 5.5, page 122 : Rendements attendus sur 5 ans : la renaissance stagnante | Robeco Global

 

 

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