Selon Mathieu van Roon, gérant multi-actifs, la rare déconnexion entre les performances probables des actions et des obligations High Yield laisse penser que les actions devraient nettement dominer en 2026.

  1. Les actions et les obligations High Yield se trouvent normalement du même côté de la médaille du risque

  2. Les actions devraient connaître une forte croissance des bénéfices dans un contexte macroéconomique positif

  3. Les obligations HY sont confrontées à un stress croissant du crédit, à un déséquilibre de la demande et à des spreads très serrés

 

Selon lui, les diverses facettes d’un même mouvement d’appétit ou d’aversion pour le risque établissent un parallèle avec le récit d’horreur gothique « L’étrange cas du Dr Jekyll et de M. Hyde ». Dans ce conte du XIXe siècle, le Dr Jekyll, scientifique affable, boit une potion et se transforme en un monstrueux M. Hyde. Tous deux sont le même homme, mais avec des facettes très différentes.

« Alors que nous approchons de la fin de l’année et que nous commençons à nous projeter en 2026, nous observons une nette divergence au niveau des risques de baisse et de hausse entre les actions et les classes d’actifs qui leur sont apparentés », déclare Mathieu Van Roon, gérant de portefeuille au sein de l’équipe Solutions d’investissement de Robeco.

« Alors qu’en temps normal, nous nous attendons à ce que les obligations High Yield et les actions soient du même côté de la médaille appétit/aversion pour le risque et à ce qu’elles affichent une performance analogue dans un même type de circonstances, nous craignons que les obligations HY ne montrent leur mauvais côté en 2026. On pourrait appeler cette situation « L’étrange cas du Dr Action et de M. HY-de. C’est pourquoi nous avons une position longue sur les actions et courte sur les obligations High Yield. »

Une dichotomie frappante

Selon Mathieu Van Roon, cette divergence s’explique par les facteurs macroéconomiques auxquels chaque classe d’actifs est confrontée et qui s’avéreront positifs pour le Dr Action et négatifs pour le pauvre M. HY-de. « D’une part, les marchés actions américains et européens et les grandes entreprises IG restent optimistes, soutenus par des bénéfices solides, des rachats d’actions agressifs et la promesse de gains de productivité apportés par l’IA », explique-t-il.

« D’autre part, l’économie réelle, en particulier aux États-Unis, et les émetteurs HY fortement endettés sont affectés par la détérioration de leurs fondamentaux et l’augmentation des risques macroéconomiques. »

« Cette dichotomie des points de vue sur les classes d’actifs est frappante, car historiquement, les obligations High Yield et les actions évoluent de façon étroitement corrélée, toutes deux reposant sur des attentes favorables en matière de croissance économique et des entreprises. »

« Toutefois, en 2026, l’environnement macroéconomique et technique pourrait devenir moins favorable au High Yield, tandis que les actions semblent mieux placées pour continuer de bénéficier de la solidité des bénéfices et de l’enthousiasme technologique, à l’image des derniers soubresauts de la bulle tech de la fin des années 1990. »

Croissance des dépenses et de l’IA

Les économies géantes des États-Unis et de l’Europe devraient croître au cours de l’année à venir, mais pour des raisons différentes. La croissance de l’Europe est liée aux dépenses budgétaires, notamment en matière de défense et d’infrastructures, et à l’épargne latente. De leur côté, les prévisions de croissance aux États-Unis s’expliquent par les dépenses d’investissement liées à l’IA, les gains de productivité potentiels apportés par l’IA et la consommation des personnes à revenu élevé. Cette situation est également favorisée par le soutien budgétaire apporté par le « One Big Beautiful Bill Act » et les remboursements d’impôts très importants.

 

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Par Mathieu Van Roon, Portfolio Manager

 

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