À l’approche de la fin d’une année au cours de laquelle les actifs risqués ont ignoré les droits de douane américains et des inquiétudes croissantes concernant les valorisations technologiques liées à l’IA, l’équipe de gestion de portefeuille de TwentyFour Asset Management a sélectionné les sept questions clés qui, selon elle, définiront 2026 pour les investisseurs en obligations.

Eoin WalshEoin Walsh, Partner, Portfolio Management

1.  Les États-Unis peuvent-ils une nouvelle fois contredire les pessimistes ?

À l’approche de 2025, l’une des grandes questions était de savoir si la croissance américaine, et dans une moindre mesure la croissance mondiale, pouvait résister à l’incertitude entourant la politique tarifaire du président Trump et à ses conséquences concrètes par la suite. Comme la réponse a été globalement positive, à l’orée de 2026, l’une des principales interrogations devient désormais de savoir si la croissance américaine pourra résister à des tendances sous-jacentes plus faibles, notamment à un ralentissement de la création d’emplois.

Qu’est-ce qui a changé dans l’économie américaine en un an ? La consommation devient plus fragile, avec des signes de ralentissement des dépenses des ménages et un segment subprime du marché particulièrement sous pression. Pourtant, l’économie reste robuste et les bilans des entreprises demeurent sains. À condition que le marché du travail reste solide, favorisé par un ralentissement de la croissance de la population active en raison d’une immigration plus faible, le consensus table sur une croissance du PIB réel de 1,9 pour cent en 2026. Le stimulus budgétaire, à mesure que le One Big Beautiful Bill est mis en œuvre, devrait soutenir l’activité et renforcer la confiance, tandis que les investissements dans l’IA devraient aussi se poursuivre avec des dépenses d’investissement importantes, même si les gains de productivité significatifs issus de cette technologie n’interviendront probablement qu’au-delà de 2026.

L’investissement dans la tech et l’IA reste solide, mais les embauches sont au point mort, générant une « expansion sans création d’emplois » qui érode en moyenne le pouvoir d’achat des ménages. Si les marchés du travail venaient à se resserrer de nouveau, l’inflation américaine pourrait rester persistante, ce qui inciterait probablement la Federal Reserve (Fed) à suspendre son cycle d’assouplissement d’ici la mi-2026. Par ailleurs, un successeur à Jerome Powell à la présidence de la Fed sera en place au plus tard en mai, et le choix du président Trump devrait être largement attendu comme favorable à des taux plus bas.

La zone euro devrait, selon nous, amorcer une reprise plus franche, avec une croissance du PIB qui devrait s’accélérer jusqu’à la fin 2026 pour atteindre 1,4 pour cent en glissement annuel au quatrième trimestre, soutenue par un stimulus budgétaire favorisant la demande intérieure. L’importante expansion budgétaire de l’Allemagne et la hausse des dépenses de défense devraient soutenir un marché du travail plus dynamique et maintenir la consommation des ménages, tandis que les chocs du côté de l’offre continuent de s’atténuer. Cependant, la croissance au sein de la zone euro restera inégale : l’Allemagne devrait connaître la plus forte amélioration grâce à la suppression de son « frein à l’endettement » (une croissance de 1,5 pour cent est attendue au T4 2026, contre seulement 0,3 pour cent estimé pour le T4 2025), tandis que la croissance plus vigoureuse de l’Europe périphérique devrait se poursuivre, mais avec un certain ralentissement par rapport à une année 2025 très dynamique. La France, quant à elle, devrait rencontrer des difficultés : l’absence de cohésion politique et la faiblesse des gouvernements ne devraient pas permettre d’améliorations budgétaires ni de gains de productivité.

Le principal point de divergence entre la zone euro et les États-Unis concerne l’inflation, et donc la politique monétaire. L’inflation devrait rester inférieure à l’objectif de 2 pour cent de la Banque centrale européenne (BCE) l’an prochain, à mesure que les effets de base de l’énergie s’estompent, que l’inflation alimentaire se modère et que les hausses de salaires demeurent limitées. Malgré le repli de l’inflation, la BCE devrait maintenir ses taux directeurs inchangés, mais elle disposerait d’une marge de manœuvre pour adopter une posture plus accommodante si la croissance restait plus faible qu’anticipé. Ainsi, même si les perspectives de croissance globale de l’Europe sont plus faibles, les risques potentiels semblent moindres.

À l’heure actuelle, les perspectives macroéconomiques pour 2026 suggèrent une croissance mondiale solide, avec les principales économies développées progressant à un rythme proche de leur potentiel (voir Graphique 1) et une inflation qui paraît davantage maîtrisée. Bien qu’il subsiste des inquiétudes légitimes concernant la soutenabilité des valorisations des technologies et de l’IA, et que l’incertitude géopolitique devrait perdurer, nous estimons fondamentalement que l’environnement reste favorable aux actifs obligataires.

 

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Par Eoin Walsh, Partner, Portfolio Management

  

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