La volatilité a soufflé dans les branches cette année. D’un côté, la volatilité géopolitique s’est davantage intensifiée, les marchés étant en état d’alerte maximale après que les tensions entre les États-Unis et l’Iran autour d’un accord sur le programme nucléaire ont dégénéré en guerre et ravivé les craintes d’une instabilité régionale plus large et de potentielles perturbations des marchés de l’énergie. D’un autre côté, les investisseurs ont pris leurs cisailles pour élaguer certains actifs risqués lors de la vente massive de février, reflet des craintes que la disruption liée à l’IA ne provoque un «SaaS-mageddon1 ».

Anne de Lanversin

Nous estimons que cela souligne l’importance de la diversification et explique également pourquoi nous avons maintenu notre surpondération des matières premières. 

Même si la volatilité secoue certaines branches, le sentiment des investisseurs reste généralement haussier et l’environnement macroéconomique solide. Il semble que l’économie des États-Unis soit entrée dans une période «Boucles d’or»: la croissance s’accélère, l’inflation se normalise et l’emploi montre des signes de stabilisation. L’industrie manufacturière reprend aussi des couleurs après trois années de stagnation, et si le moral des consommateurs reste en berne, il pourrait lui aussi se redresser. Les conditions d’une croissance économique nous semblent réunies, les banques centrales des pays du G102 – Japon mis à part – ayant assoupli leur politique monétaire. L’effet cumulé de ces baisses de taux devrait continuer de se faire sentir dans l’économie pendant une bonne partie de l’année. En dehors des États-Unis, les relances budgétaires devraient stimuler grandement la croissance mondiale, alors que la Chine a abaissé son objectif de croissance du PIB pour 2026 à une fourchette de 4,5% à 5%3.

Nous pensons qu’une taille de printemps peut être bénéfique. Elle montre que les marchés sont vigilants et pas forcément disposés à payer pour de simples promesses.
Ils veulent des preuves dans les bénéfices et les prévisions des entreprises, ce qui nous paraît tout à fait sain, d’autant que cela ouvre la voie à une certaine diversification. Lors de la réorientation, les investisseurs ont élargi leur horizon géographique et sectoriel, notamment en se détournant des titres US au profit des actions européennes et émergentes, mais aussi en se détournant de la technologie au profit des biens de consommation courante et des valeurs industrielles. 

Dans le domaine de l’IA précisément, le repli avait un dénominateur commun: la crainte qu’inspirent les business models qui reposent sur le capital cognitif humain, et la compétitivité limitée qui les rend vulnérables aux évolutions de l’IA. Nous devons encore comprendre ce que signifie réellement l’IA, et cet apprentissage ne se fera qu’au fil de l’eau. Il est donc probable que la volatilité nous accompagne encore un moment. 

Dans ce numéro de l’Investors’ Outlook, nous vous expliquons ce qu’est une économie en forme de K et ce qu’elle peut potentiellement impliquer pour les investissements, nous zoomons sur l’actualité des marchés du pétrole et nous vous livrons nos opinions sur les marchés boursiers. Notre objectif est d’aider nos clients à développer leurs portefeuilles et à les faire fructifier au fil du temps. Un petit rééquilibrage de marché peut donner à l’ensemble de l’écosystème davantage de vigueur pour les saisons à venir.

 

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Dan Scott, Head Multi Asset, Chief Investment Officer

bnpam

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