Alors que la guerre s’enlise, un vent d’optimisme a soufflé la semaine dernière sur les marchés financiers qui ont plutôt joué une résolution progressive du conflit et salué de potentielles futures négociations sur la réouverture du détroit d’Ormuz. Les marchés actions rebondissent de plus de 3% des deux côtés de l’Atlantique et les taux souverains baissent, avec un taux 10 ans américain qui revient autour des 4,30% et un Bund proche de 3%.
Pourtant l’incertitude géopolitique demeure maximale et le détroit demeure largement fermé, seuls quelques pétroliers sont passés (la plupart appartenant à des nations non impliquées directement ou indirectement dans la guerre). Le pétrole se maintient au-delà des 110 dollars le baril et le gaz au-delà des 50 euros le MWh. Les données conjoncturelles habituelles passent une nouvelle fois au second plan.
Les nouvelles macroéconomiques de la semaine
• Aux États-Unis, les données sur l’activité économique continuent d’être de bonne facture. Premièrement, les enquêtes de conjoncture menées auprès des entreprises baissent moins qu’ailleurs depuis le conflit. Deuxièmement, les ventes au détail de février et les indicateurs à plus haute fréquence de mars suggèrent que la consommation des ménages résiste, probablement grâce aux généreux remboursements fiscaux prévus par la loi budgétaire (One Big Beautiful Bill Act1) qui permettent aux ménages d’amortir le choc inflationniste. Troisièmement, le marché du travail tient bon en mars, avec des créations d’emplois nettes mensuelles dynamiques (+178 000) qui confirment que les mauvais chiffres de février étaient liés à des facteurs temporaires. Les secteurs qui avaient le plus souffert le mois passé (la santé à cause des grèves, les loisirs et la construction à cause des vagues de froid) sont en effet en tête des bons chiffres de mars. Le taux de chômage baisse à 4,3%, et il baisse en particulier pour les populations traditionnellement les plus sensibles au cycle (les jeunes, les immigrés). Les créations d'emplois sont donc suffisantes pour maintenir le taux de chômage dans des niveaux rassurants. Par ailleurs, les hausses de salaires sont contrôlées (+3,5% sur un an), ce qui laisse penser que le marché du travail n'est pas inflationniste.
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