L’économie mondiale a été percutée de plein fouet par l’embrasement du MoyenOrient. Le blocage du détroit d’Ormuz et les frappes contre les capacités de production de la région ont provoqué une envolée historique des prix des hydrocarbures, faisant craindre un rebond de l’inflation et une détérioration des perspectives de croissance.
Xavier Chapon, Directeur de la gestion cotée et non cotée
Tous les pays ne sont toutefois pas exposés de la même manière à ce choc énergétique. La dépendance directe de l’Asie aux hydrocarbures produits dans la région rend la plupart des économies asiatiques bien plus sensibles au choc que les États-Unis, qui, sans être imperméables au renchérissement de l’énergie, bénéficient de leur statut d’exportateur net. Si l’Europe n’importe que peu de pétrole en provenance directe du Moyen-Orient, elle n’en reste pas moins à la merci de la hausse des prix de l’énergie, dans un marché de l’énergie par ailleurs largement mondialisé.
La perspective d’un net rebond de l’inflation a contraint les investisseurs à revoir largement leurs anticipations de politique monétaire. Au 31 mars, ils ont abandonné l’idée d’une poursuite de la baisse des taux des Fed funds, tandis qu’ils estiment que la BCE pourrait être contrainte de procéder à deux ou trois hausses de 25 points de base de ses taux directeurs. Bien entendu, comme les banquiers centraux n’ont eu de cesse de le rappeler, la conduite de la politique monétaire dépendra avant tout de l’ampleur et de la durée du conflit. Or, l’absence de visibilité sur sa finalité, ainsi que sur la compatibilité des objectifs de guerre d’Israël et des États-Unis, entretient l’incertitude. À cela s’ajoute une communication particulièrement chaotique de la Maison-Blanche, soufflant le chaud et le froid en alternant les menaces d’escalade et les perspectives de solutions diplomatiques.
Dans ce contexte peu porteur, les marchés financiers ont enregistré un mois de baisse généralisée, tant du côté des valorisations boursières que des indices obligataires. La courbe des rendements s’est nettement aplatie sous l’effet de la hausse plus prononcée des taux de court terme, sensibles aux anticipations de politique monétaire.
Les rendements souverains à dix ans ont, par ailleurs, atteint des plus hauts depuis les années 2010, les investisseurs craignant, outre un rebond des prix, une détérioration supplémentaire des finances publiques.
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