Après l’échec des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran, c’est toujours l’impasse pour renouer le dialogue. Devant le refus des Iraniens d’autoriser une circulation maritime libre par le détroit d’Ormuz, Donald Trump a ordonné le blocage militaire du détroit dans le but de bloquer complètement notamment les exportations pétrolières de l’Iran, et donc de couper une source vitale de revenus pour le pays.

Vue d'ensemble

  • Cette stratégie d’usure, si jamais elle peut être appliquée concrètement, ne semble pas vraiment viable à moyen terme, vu le coût qu’elle pourrait représenter. De fait, nous pensons, comme le marché, qu’un dénouement de cette crise, avec des concessions iraniennes et américaines. De fait, même si le prix du pétrole reste très élevé, il est revenu en dessous de 100 dollars le baril (Brent) après avoir fortement rebondi sur l’annonce de blocage américain. Évidemment, une nouvelle montée des tensions viendrait de nouveau gonfler les probabilités des scénarios les plus négatifs pour l’économie mondiale et les marchés.

  • Le président Trump continue de minimiser l’impact économique de cette crise. Néanmoins, l’impact est déjà très visible sur les prix à la consommation. En effet, la forte hausse des prix énergétiques (+21 %) a entraîné une forte hausse de l’inflation pendant le mois de mars, atteignant 3,3 % en glissement annuel, soit la plus forte hausse depuis avril 2024. En même temps, l’inflation cœur a progressé bien plus faiblement, à 2,6 %. Mais il faut souligner que les prix des services super-cœur, excluant l’énergie et les loyers, souvent mis en avant par J. Powell, le président de la Fed, accélèrent de nouveau. Cette dynamique devrait rassurer la Fed pour maintenir son statu quo en matière de politique monétaire.

  • De manière concomitante, l’U. du Michigan a publié l’enquête préliminaire sur la confiance des ménages pour le mois d’avril, qui a baissé à son plus bas niveau historique depuis la fin des années 1970. Le clivage politique reste très important dans cette enquête, avec les sympathisants républicains toujours optimistes.

  • Les données de consommation à venir nous diront si les chocs sur le pouvoir d’achat subis par les ménages vont s’orienter vers une modération plus importante que prévue, surtout après les chiffres relativement faibles au 4T25.

  • En Chine, les données de commerce extérieur pour le mois de mars ont montré que les exportations en dollars en glissement annuel ont décéléré fortement, passant à 2,5 % contre près de 40 % le mois précédent. Néanmoins, l’interprétation de ces chiffres doit être faite avec prudence vu, tout d’abord, les distorsions créées par la saisonnalité des festivités du nouvel an chinois, mais surtout par la forte croissance des exportations l’année dernière en anticipation de la mise en place des tarifs douaniers américains. En même temps, il semble bien que des distorsions dues à la fermeture des voies maritimes aient contribué à cette décélération. En revanche, les importations, notamment de matières premières (notamment de produits pétroliers), ont fortement augmenté, avec en plus des effets de hausses des prix conséquents. Les autorités chinoises devront rester vigilantes devant toute dégradation de la machine exportatrice.



Guerre au Moyen-Orient : Le détroit d’Ormuz plus fermé que jamais 

Le détroit d’Ormuz commençait à voir une très légère amélioration…avant la nouvelle escalade

Le détroit dOrmuz commençait à voir une très légère améliorationavant la nouvelle escalade

 

La légère amélioration de la circulation dans le détroit d’Ormuz pendant les négociations entre Américains et Iraniens devrait assez vite s’effacer au vu de l’annonce de sur-blocage du détroit par les Etats-Unis. Évidemment, ceci est une mauvaise nouvelle pour un retour graduel à la normale de la circulation de pétrole et de gaz et des autres denrées circulant par cette voie maritime primordiale.

De fait, après l’annonce américaine de blocage du détroit avec ses bateaux de guerre, le prix du baril est remonté très vite au-dessus de 100 dollars.

Mais cette hausse ne fut pas durable. En effet, le prix du pétrole est redevenu en dessous des 100 dollars assez rapidement. Cette évolution peut notamment s’expliquer par l’anticipation du marché, que nous partageons, qu’un accord devrait être trouvé entre les deux belligérants, car c’est dans leur intérêt mutuel. Cette conviction a été accentuée par les déclarations du président Trump selon lesquelles des discussions pourraient reprendre.

Une ouverture du détroit d’Ormuz assez rapide est nécessaire pour éviter des effets trop négatifs pour l’économie mondiale, qui doit déjà faire face à des prix énergétiques et d’autres denrées circulant par cette voie maritime très élevés.

D’ores et déjà, on sait que la croissance mondiale devrait porter les stigmates de cette crise au 1er-2e trimestre. Néanmoins, pour garder notre scénario central d’une normalisation graduelle du cycle économique à partir de l’été, on se doit de voir rapidement un retour vers des flux maritimes qui soient restaurés. 

 

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