De nombreuses banques centrales se sont réunies la semaine dernière, dont la Fed et la BCE. À quels défis font-elles face et quelle lecture portent-t-elles sur les conséquences de la guerre en Iran ? Que peut-on anticiper pour les prochains mois ?

Florent Wabont paysage portraitFlorent Wabont, Economiste chez Ecofi

La Fed a laissé ses taux directeurs inchangés sur une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 % à l’issue de sa réunion du 29 avril dernier. Comme habituellement, Stephen Miran (proche de Donald Trump) s’est porté en faveur d’une baisse des taux de 0,25 %, en votant contre la décision retenue. Fait notable, d’autres membres ont également exprimé leur désaccord, mais pas pour les mêmes raisons. Beth Hammack (Fed de Cleveland), Neel Kashkari (Minneapolis) et Lorie Logan (Dallas) ont en effet décidé de ne pas soutenir la formulation « […] ajustements supplémentaires » du communiqué de presse, laissant transparaître un biais à l’assouplissement des taux. Une alerte concernant la nécessité de juguler le risque inflationniste et un avertissement à peine déguisé, selon nous, pour Kevin Warsh, qui succédera le 15 mai prochain à Jerome Powell à la tête de la Fed. À cet avertissement s’ajoutent également les propos tenus lors de la conférence de presse par Jerome Powell lui-même concernant la nécessité de préserver l’indépendance de la Fed face aux interférences politiques. Il a par ailleurs souligné que Kevin Warsh sera soumis aux mêmes contraintes que ses prédécesseurs, et aura pour mission de former un consensus parmi l’ensemble des membres du comité de politique monétaire de la Fed (voir notre précédente analyse ici).

S’agissant des conséquences de la guerre en Iran, Jerome Powell a évoqué une situation très incertaine, tout en signalant qu’un relèvement des taux directeurs était à écarter pour le moment. Jerome Powell achève ainsi sa dernière réunion à la tête de la Réserve Fédérale, mais continuera d’y siéger en qualité de gouverneur.

La Fed dispose d’un double mandat : viser la stabilité des prix à 2 % et un taux d’emploi maximum. Le choc énergétique consécutif à la guerre en Iran a déjà provoqué une augmentation de l’inflation, comme en témoigne, après celle du CPI, l’inflation mesurée par l’indice PCE (cible d’inflation de la Fed), qui est passée de 2,8 % sur un an en février à 3,5 % en mars. Sa version hors énergie et alimentation est quant à elle de 3 % à 3,2 %, illustrant partiellement la transmission du choc énergétique et davantage l’effet retardé de l’augmentation des droits de douane et la réaccélération dans certaines catégories des services observée depuis plusieurs mois. Ce choc énergétique vient donc se greffer sur un terrain déjà inflationniste, comme nous l’avions évoqué il y a plusieurs semaines. En parallèle, les indicateurs du marché de l’emploi continuent d’envoyer des signaux contrastés. L’examen d’une compilation de séries en provenance de sources privées, publiques et à différentes fréquences de publication, nous permet toutefois d’exclure le scénario d’une poursuite de la dégradation, eu égard à l’aspect restrictif de la politique migratoire de l’administration Trump sur la croissance de la population active. 

 

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Par Florent Wabont, Economiste chez Ecofi

 

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