Les craintes de stagflation, après deux mois de conflit dans le golfe Persique, commencent à se matérialiser avec un rebond de l'inflation en Zone Euro à 3% en avril, et maintiennent les taux sur des niveaux élevés.


Xavier chaponXavier Chapon, Directeur de la gestion cotée et non cotée

En Zone Euro, l'inflation surprend à la hausse (+3,0%) et la croissance est atone (PIB T1 +0,1 %), poussant la BCE à rester en veille (préparation d'une hausse de taux possible).

Aux États-Unis, la croissance apparaît vigoureuse (PIB T1 +0,5 %), portée par l'investissement, notamment lié à l'IA ; le marché du travail envoie des signaux encourageants et les salaires progressent (coût de l'emploi ≈ 3,5 %), ce qui soutient la demande intérieure.

La rotation sectorielle et géographique, qui s'était opéré en début d'année au profit des valeurs industrielles et européennes, s'est totalement interrompue. Au contraire, les valeurs technologies et notamment celles liées à l'IA regagnent à nouveau les faveurs des investisseurs, ce qui explique le rebond américain récent.

Forte disparité géographique des indices — plus hauts historiques pour le S&P 500 (+10 %) et le Nasdaq 100 (+15 %) en avril, contre un rebond plus modeste en Europe (EuroStoxx 50 +5,6 %).

Le dollard s'est affaibli début avril (euro en hausse de 1,5%, au‑dessus de 1,17 $) dans l'espoir d'un apaisement géopolitique.

Le baril de Brent demeure très élevé (~110 $/b) en l'absence de réouverture du détroit d'Ormuz. Les Emirats Arabes Unis ont annoncé quitter l'OPEP motivant cette décision par leur volonté d'augmenter leur production.

Le blocage du détroit d'Ormuz est le facteur clé du dénouement — tant que les prix du pétrole restent au-dessus de 100 $/baril, les craintes d'inflation de second tour s'intensifieront, notamment si la croissance résiste.

 

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