• Bien que la situation au Moyen-Orient soit complexe, avec la paralysie du trafic pétrolier et des négociations ayant progressé de manière inégale, le sentiment de risque est resté intact.

  • On parle à nouveau de relever les taux d’intérêt, surtout du côté de la Banque centrale européenne (BCE). Selon nous, une hausse des taux ne résoudrait pas le problème du choc pétrolier et étranglerait une économie déjà éreintée par la hausse des coûts énergétiques. Aux États-Unis, nous pensons que la Réserve fédérale va observer un statu quo jusqu’en septembre et qu’elle pourrait assouplir sa politique en fin d’année.

  • La guerre a interrompu la tendance à la désinflation, mais nous n’anticipons pas de nouvelle vague d’inflation, notamment parce que la situation actuelle diffère des épisodes passés : les taux directeurs sont plus élevés, l’épargne excédentaire a diminué et les marchés du travail sont moins dynamiques.

Sans détour

Lorsque l’actualité géopolitique accapare les gros titres, le réflexe est souvent de se préparer à une chute des marchés. Et pourtant, malgré tous les revirements de ces dernières semaines, ce n’est pas ce qu’on observe. Les marchés semblent moins attentifs au bruit géopolitique et plus en phase avec la perspective de réouverture du détroit d’Ormuz, même si celle-ci tarde à venir. Ainsi, la situation au Moyen-Orient est certes épineuse, avec les flux de pétroliers toujours perturbés et des négociations ayant progressé de manière inégale, mais le sentiment de risque est resté intact, notamment au vu des informations les plus récentes faisant état d'un possible accord de paix préliminaire. 

Il y a de nombreuses raisons à cela. D’abord, la situation actuelle diffère des précédentes crises énergétiques qui ont débouché sur des récessions par le fait que l’économie mondiale est moins dépendante du pétrole. La Chine a diversifié son mix énergétique et les États-Unis ne sont plus aussi dépendants du pétrole du golfe Persique que par le passé. Nous anticipons une croissance écono-mique légèrement plus faible cette année, mais nous prévoyons malgré tout une croissance honorable. Les bénéfices des entreprises redeviennent un point d’attention, les estimations de croissance des sociétés du S&P 500 avoisinant les 20 %. Nous pensons que la zone euro et les marchés émergents (ME), dont une grande partie de l’Asie, offrent d’intéressants points d’entrée en termes de valorisation. Et enfin, la perspective de relances budgétaires, dont nous avons déjà parlé, surtout en Europe et au Japon, a toutes les chances de booster la croissance.

En attendant, on parle à nouveau de relever les taux d’intérêt, surtout du côté de la Banque centrale européenne (BCE). Selon nous, une hausse des taux ne résoudrait pas le problème du choc pétrolier et étranglerait une économie qui peine déjà à digérer la hausse des coûts énergétiques. À notre avis, un relèvement des taux de la BCE constituerait une erreur de politique monétaire à ce stade. Aux États-Unis, Kevin Warsh devrait succéder à Jerome Powell à la tête de la Réserve fédérale américaine (Fed) à la mi-mai, si le Sénat l’approuve. Bien que le président américain Donald Trump ait déclaré qu’il serait déçu si Warsh n’abaissait pas immédiatement les taux, nous pensons que la Fed devrait les maintenir inchangés jusqu’en septembre avant d’envisager éventuellement un assouplissement en fin d’année. Nous pourrions évoquer la puissance des forces désinflationnistes, notamment des gains de productivité engendrés par l'intelligence artificielle (IA). Nous en sommes déjà témoins et pensons que ce n’est pas fini. Il convient également de replacer le risque d'inflation dans son contexte : nous sommes loin d’un retour aux niveaux post-pandémiques, lesquels étaient dus non seulement à des chocs d’offre mais aussi à des chocs de demande, et ont vu les taux globaux approcher les deux chiffres.

Nous connaîtrons aussi certainement de la volatilité, avec des semaines marquées par un sentiment négatif et la crainte que l’issue du conflit au Moyen-Orient ne soit pire que prévu. Mais les marchés semblent anticiper dans les cours une poursuite de la croissance, une normalisation des voies d’approvisionnement et des conditions politiques largement favorables.

Dans ce numéro d’Investors’ Outlook, ils examinent de plus près Taïwan en tant que risque géopolitique potentiel, partagent leur opinion sur l’environnement macro et analysent les marchés actions.

Pour les investisseurs diversifiés, ils estiment que le détroit est un risque à surveiller, non une raison de jeter l’ancre.

 

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bnpam

 

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