• Aujourd’hui, la gestion active ne se résume plus à la seule surperformance d’un indice.
• Il s’agit désormais d’identifier les stratégies adaptées à chaque objectif, et de les mettre en œuvre efficacement.
• Cela implique de combiner et de déployer différents types d'expertises, au services d'objectifs clairement définis.
La gestion active ne se définit plus uniquement par la sélection de titres, la concentration des portefeuilles ou l’écart par rapport à un indice de référence. Son approche intègre de plus en plus la manière dont on accède à l’analyse fondamentale, comment elle est combinée et intégrée au sein de stratégies d’investissement plus globales – et, avant tout, pour quel objectif in fine. Au-delà de la question de l’origine de l’alpha, les investisseurs professionnels s’attachent désormais à comprendre comment des sources d’alpha ciblées et reproductibles peuvent être délivrées dans des formats compatibles avec leurs objectifs, leurs contraintes et leurs cadres de gouvernance.
Cette évolution reflète une vision plus pragmatique de la construction de portefeuille et de son exécution, davantage tournée vers les objectifs. Le risque lié à l’alpha n’est plus appréhendé de manière isolée ; il doit désormais jouer un rôle clairement identifié au sein de stratégies d’investissement plus globales.
Des solutions centrées sur l’exposition vers celles orientées sur le résultat
L’un des signes les plus manifestes de cette évolution réside dans l’attention croissante portée aux objectifs plutôt qu’aux « étiquettes » attribuées aux classes d’actifs. Les investisseurs recherchent de plus en plus à définir les profils de risque et de rendement de leurs portefeuilles au travers de stratégies telles que la génération de rendement ou une exposition défensive aux marchés.
Les principaux moteurs de cette évolution sont l’allongement de l’espérance de vie et le vieillissement des populations. Ces dynamiques soutiennent la demande pour des solutions de planification du cycle de vie axées sur des objectifs précis, comme la capacité à financer des engagements futurs. Le développement des stratégies type fonds à horizon, des solutions avec prise de risque progressive (« step in ») et des approches « blend » combinant actifs cotés et non cotés illustrent cette tendance. D’autant que seuls 45 % des investisseurs européens se déclarent confiants quant à leur retraite – une dynamique appelée à se prolonger.
Une approche plus disciplinée du risque lié à l’alpha
On pourrait s’attendre à ce qu’un marché davantage orienté vers les résultats stimule la demande pour des solutions actives. Pourtant, les investisseurs de long terme dotés d’une approche fondamentale ne représentent aujourd’hui qu’environ 15 % des flux sur les actions américaines, contre plus des trois quarts avant la crise financière mondiale. En parallèle, les effectifs dédiés à la recherche actions au sein des 15 plus grandes banques mondiales ont reculé d’environ un tiers au cours de la dernière décennie.
Ces évolutions traduisent une hausse du scepticisme des investisseurs à l’égard de la gestion active, elle même liée au fait que de nombreux gérants n’ont pas su surperformer durablement leurs indices de référence dans l’ère post crise financière. Les investisseurs sont à juste titre réticents à payer pour un risque actif qui ne tient pas ses promesses. Pour autant, les difficultés rencontrées par les investisseurs professionnels à surperformer dans des marchés haussiers ne remettent pas en cause le principe même de la gestion active. Les performances doivent être analysées dans leur contexte : par exemple, une stratégie défensive est susceptible de sous performer lorsque la performance absolue du marché est élevée, sans que cela ne justifie pour autant d’extrapoler indéfiniment ces bons résultats.
Plutôt que de refuser toute prise de risque active, les investisseurs devraient chercher à déterminer si ce risque est pertinent au regard de leur portefeuille, de leurs objectifs et de l’environnement de marché. Le cas échéant, ils doivent s’interroger sur la nature du risque actif à assumer et sur la manière dont il peut être piloté à mesure que les conditions évoluent. En revanche, leur tolérance doit être faible face à des résultats difficiles à comprendre ou à expliquer, d’autant plus que les initiatives réglementaires à l’instar de la directive « Value for Money » accentuent le lien entre coûts et résultats obtenus. L’ère de l’alpha opaque, type « boîte noire », tend ainsi à disparaitre face à une demande croissante de clarté.
Une architecture de portefeuille plus granulaire
Dans ce contexte, il n’est pas surprenant de voir l’investissement actif devenir plus modulaire, favorisant une transparence accrue ainsi qu’une gouvernance plus efficace : lorsque les expositions sont définies autour d’objectifs clairs et de budgets de risque explicites, l’attribution des résultats devient clairement identifiable. La construction de portefeuille, longtemps implicite, s’impose désormais comme un pilier visible et responsable de la proposition, au même titre que les choix d’allocation et de stratégies.
Face à cela, la demande pour des solutions conçues comme des briques de portefeuille se renforce : les investisseurs attendent désormais un éventail plus large d’options et davantage de granularité entre elles. Ils recherchent des expositions plus finement alignées sur des objectifs et des contraintes clairement définis, qu’il s’agisse de critères de durabilité ou de considérations climatiques, de budgets pour certains facteurs ou styles, de limites de risque, etc.
Cela se reflète dans l’essor rapide des ETF actifs que l’on observe actuellement, lesquels offrent de plus en plus de granularité. Ils captent désormais plus d’un tiers des flux mondiaux totaux vers les ETF, alors qu’ils représentent moins d’un dixième des encours globaux du marché des ETF. En Europe, notre propre gamme d’ETF actifs, fondée sur la recherche, s’étoffe régulièrement et s’est ainsi fortement développée depuis son lancement en 2020, avec une croissance exponentielle des encours pour atteindre environ 10 milliards de dollars aujourd’hui.
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Samantha Ricciardi, Directrice EMEA, Fidelity International
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