Il y a encore quelques années, le marché secondaire du Private Equity était perçu comme le « cimetière des éléphants » de la finance : un lieu obscur où des investisseurs institutionnels en difficulté venaient brader leurs participations pour obtenir des liquidités d’urgence. Cette époque est révolue. En 2025, ce marché a non seulement brisé son plafond de verre, mais il a totalement changé de nature, s’imposant comme le segment le plus dynamique et innovant de l’investissement non coté.

Avec un volume de transactions record estimé à 226 milliards de dollars en 2025 au niveau mondial[1], le secondaire n’est plus une option tactique, mais une nécessité stratégique. Pour l’investisseur privé, souvent confronté à l’opacité et à l’illiquidité des fonds de capital-investissement traditionnels, cette classe d’actifs offre une promesse séduisante : celle de la maturité immédiate et de la visibilité. Mais attention, l’euphorie ambiante ne doit pas masquer la nécessité d’une sélection rigoureuse. Plongée au cœur d’un marché en pleine ébullition.


La Grande Mutation : Pourquoi 2025 est une Année Charnière

L’année 2025 restera gravée comme celle de la rupture. Alors que les marchés traditionnels du M&A (fusions-acquisitions) et des introductions en bourse (IPO) peinent encore à retrouver leurs niveaux d’antan, le marché secondaire est devenu la véritable place de marché du non coté. Il ne s’agit plus de gérer la pénurie, mais d’orchestrer la liquidité.

Les chiffres donnent le vertige. Selon les dernières données d’Evercore, un spécialiste du marché secondaire, le volume global a bondi de plus de 41 % par rapport à l’année précédente. Cette croissance n’est pas fortuite. Elle est le fruit d’une convergence inédite entre des investisseurs institutionnels cherchant à rééquilibrer leurs portefeuilles (les transactions « LP-led ») et des gérants de fonds désireux de conserver leurs pépites plus longtemps (les transactions « GP-led »).

Ce changement d’échelle s’accompagne d’une sophistication accrue. Les acheteurs ne sont plus seulement des fonds de fonds opportunistes, mais des plateformes spécialisées disposant d’une force de frappe colossale – le « Dry Powder » (capital disponible) atteint le montant historique de 302 milliards de dollars au premier semestre 2025[2]. Pour l’investisseur privé, cela signifie que le marché est profond, liquide et structuré.

La Mécanique de la Valeur : Comprendre les Deux Moteurs du Marché

Pour naviguer efficacement, l’investisseur doit comprendre que le « secondaire » n’est pas un bloc monolithique. Il repose sur deux piliers aux dynamiques très différentes, mais parfaitement complémentaires pour une allocation patrimoniale.

Le Secondaire « LP-led » : La Fondation de Diversification.  Imaginez pouvoir acheter un portefeuille d’actions diversifié non pas au moment de leur introduction, mais après avoir observé leur performance pendant cinq ou six ans. C’est exactement ce que propose le segment « LP-led ». Ici, des fonds de pension ou des assureurs vendent des parts de fonds matures. En 2025, ce segment représente en valeur environ 54 % du marché[3]. Son attrait principal réside dans le prix. Alors qu’il y a deux ans, les décotes étaient sévères, la qualité des actifs a fait remonter les valorisations. Les portefeuilles de Buyout s’échangent désormais autour de 94 % de leur Valeur Nette d’Inventaire (NAV)[4]. Pour l’investisseur, c’est l’assurance d’entrer dans des fonds dont les risques de défaut sont moindres, avec une diversification instantanée sur des centaines d’entreprises.

Le Secondaire « GP-led » : La Quête de l’Alpha.  C’est le segment qui excite le plus les gérants de fortune. Représentant désormais 46 % des volumes[5], ces transactions sont initiées par les gérants eux-mêmes via des « véhicules de continuation ». La logique est celle du « cherry-picking » : plutôt que de vendre une entreprise performante parce que le fonds arrive à échéance, le gérant la transfère dans un nouveau véhicule pour continuer à créer de la valeur. Pour l’investisseur privé, c’est l’accès aux « joyaux de la couronne ». Contrairement aux fonds primaires où l’on signe un chèque en blanc (« blind pool »), ici, on sait exactement ce qu’on achète. En 2025, ces transactions ciblent majoritairement des sociétés technologiques matures ou des services aux entreprises résilients, offrant un potentiel de rendement (multiple du capital) souvent supérieur à la moyenne.

 

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Par l’Équipe d’Analyse Financière de Peqan

 

 

[1] Evercore 2025 Secondary Market Survey – January 2026

[2] [3] [4] [5] [6] [7]  Jefferies Global Secondary Market Review – July 2025

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