L’IPO de SpaceX est prévue pour le 12 juin et devrait ouvrir le bal d’une année 2026 qui pourrait être record en termes de montants levés, puisque les IPOS d’Open AI, Anthropic, Databricks, Stripe ou encore Anduril sont elles aussi attendues. Au total, la valorisation cumulée de ces sociétés pourrait atteindre $4.6 trillions.
François Rimeu, stratégiste sénior chez Crédit Mutuel AM
L’écosystème IA, soutien infaillible des marchés actions ?
La situation dans le détroit d’Ormuz reste figée, avec un trafic jusqu’ici quasiment atone, et pourtant les marchés actions demeurent solides. La raison est simple et tient en deux lettres : IA. La saison des résultats a en effet confirmé la très forte dynamique du secteur et, surtout, l’extrême rentabilité des fabricants de semi-conducteurs et de mémoire vive (RAM). Cette thématique est globale et illustre le fait qu’aujourd’hui, il est plus important d’être investi dans les secteurs porteurs que de raisonner en termes d’allocation géographique. À titre d’illustration, il valait mieux être investi en Corée ou aux États-Unis plutôt qu’en Europe, mais surtout, être investi dans des entreprises comme TSMC ou ASML plutôt que dans les secteurs de la santé ou de la consommation. La question est désormais de savoir si cette tendance va se poursuivre ou si elle commence à aller trop loin. Jusqu’ici, la hausse de ces sociétés reflète l’amélioration de leurs perspectives bénéficiaires, avec des valorisations qui ne sont pas fondamentalement différentes de celles observées il y a deux ou trois ans. C’est d’ailleurs un constat que l’on peut étendre à la majorité des marchés actions : la hausse observée cette année s’explique davantage par une progression des bénéfices que par une hausse des valorisations. À plus long terme, plusieurs questions se posent toutefois, et en particulier celle de la circularité, c’est-à-dire le fait que les dépenses des uns constituent les revenus des autres. On parle principalement ici des hyperscalers américains, qui font vivre tout un écosystème. La hausse de ces dépenses, dont le retour sur investissement reste jusqu’ici incertain, est-elle tenable dans le temps ? La question est ouverte. Pour conclure sur le sujet de l’IA, mentionnons enfin la prochaine introduction en bourse de SpaceX, dont la valorisation pourrait atteindre 2 000 milliards de dollars, soit 6 % du PIB américain et l’équivalent de l’une des dix plus grandes sociétés mondiales, et ce, sans être rentable. Les montants en jeu sont tels qu’aujourd’hui, tout ce qui concerne l’IA devient un sujet macroéconomique.
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Par François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit Mutuel AM
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