La situation autour du détroit d’Hormuz reste difficile à lire. Si le marché pétrolier semble avoir trouvé un équilibre temporaire, sa durabilité demeure incertaine. Mais le pétrole n’est qu’une partie de l’équation : engrais, aluminium, urée et gaz naturel liquéfié (GNL) subissent eux aussi les effets d’un choc d’offre mondiale qui ravive les tensions inflationnistes. Pour les banques centrales, le risque de désancrage des anticipations de prix complique la trajectoire monétaire et nourrit le retour de la volatilité sur les marchés obligataires.
François Rimeu, stratégiste sénior chez Crédit Mutuel AM
Après celle du COVID, puis celle de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, le conflit au Moyen-Orient donne lieu à une nouvelle hausse des tensions inflationnistes. Les derniers chiffres publiés font état d’une l’inflation de 3,2 % en zone euro (fin mai 2026, Source : EU Harmonised Index of Consumer Prices), un niveau qui pourrait encore progresser dans les prochains mois si le conflit venait à se prolonger. Le constat est similaire aux Etats-Unis où la hausse des prix qui atteint 4,2 % sur les 12 derniers mois, à fin mai 2026 (Source : CPI). Là encore, le risque est orienté à la hausse.
Pour les banques centrales, cela pose évidemment un problème de potentiel « désancrage » des anticipations d’inflation après les chocs précédents, ce qui les force à revoir leurs perspectives monétaires. Dernièrement, la Banque centrale européenne, qui prévoyait une politique monétaire stable fin février, a monté ses taux directeurs et devrait recommencer une ou deux fois avant la fin de l’année, tout chose égale par ailleurs. Même revirement de situation pour la Réserve fédérale. La banque centrale américaine avait signalé de potentielles baisses de taux qui ne sont aujourd’hui plus d’actualité.
In fine, cet environnement nourrit une plus grande incertitude sur les marchés obligataires et entraine un regain de la volatilité : La volatilité 30-Jours d’une obligation américaine à 10 ans est passée d’environ 3.5 % avant le choc du détroit d’Hormuz à plus de 5 % (au 12 juin, source Bloomberg). Le mouvement était encore plus marqué en zone euro avec des obligations françaises à 9 ans qui ont vu leur volatilité 30-Jours passer d’environ 3 % à plus de 8 %. (Source Bloomberg, au 12 juin)
La volatilité va-t-elle rester élevée ? Rien n’est moins sûr. Le détroit pourrait rouvrir rapidement et le choc se dissiper. Il faut toutefois reconnaitre que nous évoluons depuis 2020 dans un monde où l’inflation est un risque qu’il faut à nouveau considérer et que cela devrait malheureusement encore perdurer. Les Floating Rate Notes[1] (FRN), par construction, sont faites pour la période que nous vivons actuellement :
• Le coupon des FRN reset de manière périodique (trimestriel en général). Il s’ajuste en fonction des politiques monétaires, i.e., hausse des taux. ;
• Leur sensibilité aux variations de taux demeure très limitée ;
• Les niveaux de taux actuels offrent des rendements historiquement attractifs.
Dans le contexte actuel, les Floating Rate Notes pourraient devenir une évidence plus qu’une alternative.
Par François Rimeu, stratégiste senior chez Crédit Mutuel AM
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