Que retenir de l'actualité de marché du 16 juin 2026 ? Réponses avec le décryptage de Sebastian Paris Horvitz.

Vue d'ensemble

  • Dimanche, le président Trump a annoncé qu’un accord avait été trouvé avec l’Iran. Cette annonce a été confirmée par les autorités iraniennes. En revanche, pour l’instant, il n’y a pas de détails disponibles. Néanmoins, ce qui a été souligné par le président américain est que le détroit d’Ormuz va rouvrir d’ici vendredi.

  • Cette ouverture aurait lieu, comme il a été évoqué à plusieurs reprises dans le passé, dans le cadre d’un prolongement de 60 jours du cessez-le-feu actuel. Pendant cette période seront débattus les sujets qui semblaient être les principales raisons de cette guerre, dont le programme nucléaire iranien.

  • Ce cadre de discussion semble évidemment fragile, vu le manque d’accords lors des pourparlers des deux derniers mois. Mais nous continuons à penser, avec aujourd’hui une grande partie du marché, que les incitations des deux côtés à finir ce conflit sont si grandes que le retour à la guerre semble peu probable, bien que non nul.

  • Nous attendions la réouverture d’Ormuz plus tôt, mais le plus important est qu’elle est bien là. Le marché du pétrole et du gaz, en particulier, va pouvoir se normaliser graduellement. La très forte baisse du prix du baril de pétrole (Brent), se situant en dessous de 84 dollars hier (contre 107 début mai), montre un certain optimisme du marché, mais elle nous semble logique.

  • Nous attendions une baisse du baril plus lente, mais une convergence vers 75-70 dollars à la mi-2027 est une projection que nous maintenons. Cette évolution est évidemment très favorable pour l’économie mondiale. Elle devrait permettre d’amoindrir, voire de dissiper, le choc inflationniste. Ceci donnerait un élan à la croissance, en apportant un soutien à la demande, alors que les soutiens budgétaires (États-Unis, Allemagne, Japon, en particulier) resteront toujours porteurs.

  • La Zone euro, dans ce scénario, devrait être une grande gagnante, après avoir été touchée plus durement par le choc énergétique.

  • En même temps, le retournement des prix de l’énergie devrait soulager les banques centrales sur les perspectives d’inflation. Certes, vu la durée du choc énergétique, il y a encore des risques que celui-ci puisse se diffuser à d’autres prix, ce qui rend nécessaire la prudence des banques centrales.

  • Mais, concernant la Zone euro notamment, vu l’impact négatif sur l’activité, nous pensons que les risques d’une persistance des fortes pressions inflationnistes sont limités. Ceci vient appuyer notre vue du maintien des taux directeurs inchangés par la BCE pour les mois à venir, même si le risque d’une hausse supplémentaire ne peut pas complètement être exclu.

  • Nous aurons cette semaine la lecture de la situation actuelle de la BoE et de la Fed. Pour les deux, nous attendons un statu quo. Néanmoins, le marché sera très vigilant à la communication de K. Warsh, le nouveau président de la Fed. Vu les incertitudes à court terme, l’attente est pour un discours de fermeté sur l’inflation. Ceci permettrait de rassurer les acteurs économiques sur l’indépendance de la Fed, malgré les appels de D. Trump pour l’adoption d’une politique plus accommodante.

  • La baisse forte du prix du pétrole induite par la réouverture imminente d’Ormuz a, sans surprise, stimulé la prise de risque, avec évidemment le secteur des énergies fossiles subissant un ajustement. Cette stimulation de l’exposition vers les actifs risqués a été exacerbée aux États-Unis et sur d’autres marchés riches en valeurs technologiques, par l’euphorie qui a gagné les investisseurs après la mise sur le marché de SpaceX. Ainsi, les valeurs technologiques, qui avaient été mal traitées en mai, ont retracé une grande partie du chemin perdu.

  • Pour les obligations souveraines, leurs taux ont décliné avec la baisse des prix pétroliers qui a dégonflé les anticipations d’inflation.

  • Ce mélange d’euphorie sur la technologie, toujours entraînée par l’IA, et le soulagement du recul du prix du pétrole devrait donner encore de l’allant au marché, mais les valorisations deviennent plus exigeantes et devraient limiter la progression des indices.

  • Par ailleurs, comme on le sait, les données économiques outre-Atlantique ont été plus favorables qu’attendu jusqu’ici. Néanmoins, certaines statistiques continuent de montrer des poches de faiblesse. L’enquête préliminaire sur la confiance des consommateurs pour début juin de l’U. du Michigan a montré que celle-ci reste à un niveau historiquement bas, même si elle a rebondi par rapport au mois dernier. Aussi, les anticipations d’inflation à moyen terme (3,4 %) ont un peu baissé, même si elles restent élevées. Ceci peut s’expliquer par le recul des prix de l’essence depuis la fin mai. Cette tendance peut être vue comme rassurante pour la Fed.

  • Au Japon, comme attendu, la BoJ a remonté son taux directeur à 1 %, soit au plus haut depuis 31 ans. La banque a souligné dans sa déclaration que la normalisation devrait se poursuivre. Néanmoins, le signal est resté relativement prudent, citant toujours les incertitudes au Moyen-Orient. Nous pensons qu’une autre hausse devrait avoir lieu avant la fin de l’année. En même temps, l’impact sur la devise fut minime, avec un yen qui reste extrêmement faible.

 

 

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