Retrouvez les perspectives du second semestre 2026 de Carmignac.
Perspectives économiques :
- Un accord sur la réouverture du détroit d’Ormuz semble imminent, mais il ne ferait pas disparaître la menace que les tensions géopolitiques font peser sur l’inflation mondiale. L’accord pressenti apporterait un soulagement aux marchés de l’énergie, sans pour autant régler les causes profondes du conflit : les capacités nucléaires, balistiques et d’intervention extérieure de l’Iran. De plus, la normalisation du trafic maritime, la remise en service des installations pétrolières du Golfe et la reconstitution des stocks stratégiques signifient que le choc de prix continuera de se diffuser dans les chaînes d’approvisionnements mondiales.
- La croissance américaine repose désormais sur un pari géant : l’IA, à travers le déploiement massif d’infrastructures et les effets de richesse boursiers qui l’accompagnent. Ce boom d’investissement alimente les pressions inflationnistes dans le secteur des biens. Les consommateurs subissent le choc de revenu réel, mais devraient bénéficier d’un accès plus facile au crédit, grâce à la déréglementation, et d’un marché du travail stabilisé par la contraction de la population active. La Fed est en retard et Warsh devra choisir entre satisfaire Trump ou rassurer les investisseurs obligataires (bonds vigilantes).
- Le policy mix chinois projette une image de stabilité, mais son économie est en cours de japonisation. Xi Jinping croit, à tort, que le statut de superpuissance de la Chine rend soutenable son modèle prédateur fondé sur les exportations. Le boom de l’IA reste trop étroit pour compenser l’effet déflationniste du marché immobilier. La Banque populaire de Chine se heurte à une trappe à liquidité. La politique budgétaire devra venir à la rescousse pour préserver l’objectif de croissance du PIB.
- L’Europe est la victime collatérale de la guerre technologique, de la guerre énergétique et de la guerre commerciale. La BCE joue correctement la carte de la crédibilité, mais les exécutifs nationaux échouent à répondre aux défis structurels.
Stratégie d’investissement :
- Privilégier les actions, continuer à monétiser le rendement et se tenir à distance des segments les plus vulnérables à un réveil des taux longs.
La croissance nominale reste le carburant des marchés d'actions. Et les Etats-Unis continuent d'afficher un rythme de croissance nominale soutenu et des perspectives bénéficiaires solides. Mais la progression des marchés repose sur une base de plus en plus étroite, essentiellement concentrée autour des acteurs de l'intelligence artificielle. - L'intelligence artificielle demeure le principal moteur des marchés. Après avoir largement profité aux fabricants de semi-conducteurs et aux fournisseurs d’équipements, la prochaine phase devrait s'étendre aux géants du cloud, aux centres de données et aux entreprises qui contrôlent les maillons les plus contraints de la chaîne de valeur de l'IA. La puissance de calcul reste une ressource rare, la demande continue d'accélérer et les perspectives de rentabilité s'améliorent.
- Le scénario de rattrapage européen est suspendu par les tensions géopolitiques, pas invalidé. Une désescalade au Moyen-Orient pourrait rapidement redonner de l'élan aux valeurs cycliques, notamment dans l'aéronautique et le secteur bancaire.
- Les obligations souveraines de longue échéance demeurent les plus vulnérables. La combinaison d'une croissance encore solide, d'une inflation persistante et de déficits toujours plus élevés continue d'exercer une pression à la hausse sur les taux longs. Derrière cette remontée se cache un enjeu central : celui de la confiance accordée aux politiques budgétaires et monétaires.
- Enfin le crédit reste une source de rendement attractive, malgré des valorisations devenues exigeantes. Autrement dit les spreads ne font plus rêver, mais les rendements continuent de convaincre. La nature asymétrique de l'investissement en obligations d’entreprises impose une vigilance particulière, nous privilégions les émetteurs adossés à des actifs tangibles et à des flux de trésorerie résilients, au détriment des secteurs exposés aux ruptures technologiques liées à l'intelligence artificielle.
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