Le Plan d’Épargne Retraite vient de franchir un cap historique. Derrière les chiffres, deux signaux forts : un engouement réel pour la capitalisation et une inquiétude profonde sur l’avenir des retraites. Analyse de Mathieu Chauvin, Président-Directeur Général d’Eres.

Un cap historique pour le PER

Le Plan d’Épargne Retraite vient de franchir la barre des 150 milliards d’euros d’encours. En un an, les encours ont progressé de 20 %. En deux ans, de 46 %. Sur la seule année 2025, 20,2 milliards d’euros ont été versés sur ce produit, soit une hausse de 16 % par rapport à 2024.

12,9 millions de Français détiennent aujourd’hui un PER. Un produit créé il y a tout juste six ans.

Ces chiffres ne sont pas anecdotiques. Ils racontent quelque chose d’essentiel sur le rapport des Français à leur retraite.

Deux signaux qui convergent

Derrière ces volumes, deux réalités se superposent.

Un engouement massif pour la capitalisation. Les Français, longtemps réputés hostiles à l’épargne longue, ont adopté le PER avec une rapidité que peu anticipaient. On n’épargne pas 20 milliards par an sur un produit bloqué jusqu’à la retraite par confort. On le fait parce qu’on anticipe.

Une inquiétude profonde sur l’avenir des retraites. Selon un sondage Ipsos BVA de février 2026, 86 % des Français s’inquiètent de l’impact de la situation budgétaire de l’État sur le financement de leurs retraites. Cette inquiétude n’a rien d’irrationnel.

 

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