Suite et fin de notre feuilleton de l’été, avec une dernière question de taille : où vont les taux d’intérêt ?

 

Florent Wabont, économiste chez Ecofi

L’an dernier déjà, à la même période, nous nous interrogions sur la possibilité de voir les rendements obligataires se détendre, tout particulièrement aux États-Unis. Nous étions alors arrivés à la conclusion que la probabilité d’une stabilité, voire d’une augmentation des taux longs, l’emportait sur la situation opposée. 

Au cours de ces deux dernières années, les rendements obligataires souverains à long terme des principaux pays et zones développés ont évolué au sein d’un canal étroit, moyennant l’enchaînement d’histoires spécifiques et de périodes plus volatiles que d’autres. Le taux à 10 ans américain est ainsi passé de 4,18 % le 12/07/2024 à 4,56 % le 10/07/2026, en atteignant un stade intermédiaire de 4,41 % le 11/07/2025 ; de 2,50 % à 3,07 % en passant par 2,73 % pour le 10 ans allemand. Notons par ailleurs que ce phénomène est intervenu dans un contexte marqué par l’enclenchement d’une séquence de plusieurs baisses des taux directeurs. 

Pourtant, les déterminants de ce mouvement sont bien identifiés. La prime de terme, qui correspond au rendement supplémentaire exigé par les investisseurs en compensation du risque lié à la détention de dettes à long terme, a augmenté. Les chocs géopolitiques sont devenus plus fréquents et l’évolution de l’inflation s’est avérée plus volatile et incertaine. En outre, les banques centrales
ont opéré une réduction de leurs bilans, redonnant ainsi davantage de place aux investisseurs privés dans la formation des prix, notamment via une plus grande prise en compte des enjeux budgétaires. L’annonce du plan allemand de défense et d’infrastructures en mars 2025 ayant entraîné les rendements souverains à la hausse – en prévision d’une augmentation des émissions obligataires, mais aussi dans l’anticipation d’une hausse de l’inflation et de la croissance potentielle – en est un exemple. A contrario, l’amélioration des finances publiques dans les pays du Sud de l’Europe a permis une reconvergence de leurs taux d’emprunt vers ceux des pays cœur. Enfin, la défiance vis-à-vis de la politique menée par l’Administration Trump et l’ampleur du déficit ont conduit
les taux longs américains à rester élevés. En cette seconde partie d’année, il nous apparaît légitime de s’interroger sur la poursuite de ce mouvement. Rappelons d’abord, pour simplifier, que l’évolution des taux longs est gouvernée par deux éléments principaux : les anticipations de taux courts et la prime de terme. Ainsi, la première brique dépend intimement des perspectives en matière de politique monétaire. Or, comme indiqué dans notre précédente publication, notre scénario central retient la perspective de nouvelles hausses des taux directeurs, a minima celle d’une absence de baisses dans un avenir proche. Concernant la prime de terme, les ferments demeurent intacts. La situation budgétaire continue d’être un sujet de préoccupation à certains endroits. En outre, et bien qu’un protocole d’accord ait été signé entre les États-Unis et l’Iran, l’environnement géopolitique reste mouvant (cf. la fin du cessez-le-feu et la reprise des hostilités ce week-end) et engendre une plus forte volatilité macroéconomique, notamment s’agissant de l’inflation.

Pour consulter l'article dans son intégralité, cliquez ICI. 

 

Par Florent Wabont, Economiste chez Ecofi

 

Pour accéder au site, cliquez ICI.