Après plusieurs années marquées par une sous-performance des petites et moyennes capitalisations européennes, la classe d'actifs semble retrouver des couleurs. Le rebond observé depuis le début de l'année ne relève pas seulement d'un effet de marché : il s'appuie sur des fondamentaux qui se renforcent progressivement et sur plusieurs catalyseurs susceptibles de prolonger cette dynamique.
Une classe d'actifs longtemps pénalisée
Entre 2021 et 2025, les small et mid caps européennes ont souffert d'un environnement particulièrement défavorable. La remontée rapide des taux d'intérêt, le ralentissement du cycle industriel et une forte aversion au risque des investisseurs ont conduit à des sorties de capitaux importantes et à une compression durable des valorisations.
Pour autant, cette période de sous-performance n'a pas remis en cause les caractéristiques intrinsèques de cet univers d'investissement. Les petites et moyennes entreprises restent le cœur du tissu industriel européen et concentrent une grande partie de l'innovation dans des secteurs stratégiques tels que les semi-conducteurs, l'électrification, la santé, la défense ou encore les infrastructures.
Un environnement macroéconomique qui s'améliore progressivement
Si le contexte géopolitique demeure volatil, plusieurs indicateurs témoignent d'une amélioration progressive de l'environnement économique européen.
Les indicateurs avancés de l'industrie retrouvent des niveaux compatibles avec une phase d'expansion, tandis que les pressions inflationnistes montrent des signes d'accalmie. Parallèlement, les entreprises européennes ont démontré une capacité d'adaptation remarquable : maîtrise des coûts, répercussion de l'inflation dans les prix de vente et maintien de marges solides permettent aujourd'hui d'aborder le cycle avec davantage de sérénité.
Autre élément encourageant : les révisions de bénéfices sont redevenues positives dans plusieurs secteurs, notamment la technologie et l'énergie, traduisant une amélioration des perspectives bénéficiaires après plusieurs années de prudence.
Des valorisations toujours particulièrement attractives
Le paradoxe actuel réside dans le fait que cette amélioration des fondamentaux ne s'est pas encore pleinement reflétée dans les valorisations.
Historiquement, les petites et moyennes capitalisations européennes se négocient avec une prime par rapport aux grandes valeurs en raison de leur potentiel de croissance supérieur. Aujourd'hui, cette situation s'est inversée : elles affichent encore une décote significative alors même que les attentes de croissance bénéficiaire demeurent sensiblement plus élevées que celles des grandes capitalisations.
Cette combinaison d'une croissance attendue robuste et de multiples de valorisation historiquement faibles constitue l'un des principaux arguments en faveur de la classe d'actifs.
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Par Nicolas Lasry, Gérant Actions et Edouard de Buchet, Gérant Actions
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