De la panique au soulagement, le deuxième trimestre restera comme le meilleur trimestre pour les marchés actions depuis le rebond post-Covid de 2020, à la faveur de la détente géopolitique. Sur les autres classes d'actifs, les spreads de crédit restent resserrés sur des niveaux extrêmement bas, tandis que les taux souverains terminent le trimestre en légère baisse.

L'accord intérimaire conclu le 18 juin entre les États-Unis et l'Iran a ouvert la voie à une réouverture progressive du détroit d'Ormuz et à une prolongation du cessez-le-feu. Les signaux paraissent cette fois plus crédibles. Après avoir annoncé à 38 reprises qu'un accord était proche, D. Trump bénéficie désormais d'une validation de la partie iranienne, relayée par les médiateurs pakistanais et qataris. Les deux camps ont surtout un intérêt commun à rouvrir Ormuz, Washington souhaitant préserver la stabilité économique avant les élections de mi-mandat. Téhéran cherche avant tout à gagner du temps pour reconstruire un régime affaibli sur le plan intérieur. Le repli du Brent vers 80 dollars le baril, proche de ses niveaux d'avant-crise, suggère que les marchés jugent l'essentiel de la crise derrière eux. Nous restons plus mesurés. L'accord de principe masque encore des divergences importantes (programme nucléaire, Liban, méfiance mutuelle) et la normalisation des flux maritimes prendra du temps, comme l'ont montré les précédents en mer Rouge.

Le calendrier estival sera dense, entre géopolitique et banques centrales. Deux échéances concentreront d'abord l'attention. La première sera l'expiration des droits de douane temporaires (Section 122) le 24 juillet, tandis que l'administration s'appuie désormais sur les Sections 232 et 301 pour reconstruire un taux effectif significatif, clé du financement de la réforme fiscale (OBBBA). La seconde interviendra le 17 août et marquera la fin des négociations entre les États-Unis et l'Iran, période prolongeable en cas d'accord commun.

Côté banques centrales, le symposium de la BCE à Sintra début juillet a été marqué par une première prise de parole réussie de K. Warsh, dont le discours mêlant rigueur et souplesse a rassuré les marchés et renforcé le dollar. La grande messe de la Fed à Jackson Hole prendra le relais fin août et sera l'occasion de "donner le la pour le reste de l'année.

L'horizon politique sera ensuite dominé par les élections de mi-mandat du 3 novembre, dont le scénario central d'un Congrès divisé entre un Sénat républicain et une Chambre démocrate, s'apparenterait davantage à un statu quo législatif qu'à une rupture.

Sur le plan macroéconomique, l'impact du conflit apparaît contenu aux États-Unis et plutôt stagflationniste dans le reste du monde. Plus éloignée du théâtre des opérations et exportatrice nette d'énergie, l'économie américaine reste résiliente. Le consommateur tient la barre, soutenu par la relance budgétaire, la baisse du pétrole et un marché de l'emploi convaincant (chômage à 4,2 %). La baisse du GDPNow (1,4 %) masque en réalité un tableau plus favorable. Ce recul s'explique par la contribution négative du commerce extérieur, tirée par la forte hausse des importations liées à l'IA, tandis que la demande domestique privée accélère.

La zone euro, plus exposée au choc énergétique, conjugue au contraire une croissance molle et des tensions persistantes sur les prix des hydrocarbures et de l'alimentaire. Le plus douloureux semble toutefois passé. Le Vieux Continent sort de la contraction vers la stagnation (PMI à 50) et, si le Brent ne valide pas le scénario de la BCE à près de 97 dollars le baril, la croissance 2026 paraît moins susceptible de rester à 0,8 % que de revenir vers 1 %.

Le "bazooka" allemand commence par ailleurs à se matérialiser. Les commandes militaires apparaissent globalement conformes aux attentes, avec notamment une commande record de radios militaires, des achats de véhicules Bergepanzer et un volume de dossiers d'armement supérieur à 25 milliards d'euros. En revanche, le plan d'infrastructures tarde encore à monter en puissance : le fonds n'avait dépensé que 24 milliards d'euros en 2025, contre 37,4 milliards initialement prévus. Le soutien budgétaire devrait donc progressivement prendre le relais d'une croissance européenne encore molle, même si l'impact sera plus visible en 2027-2029 qu'immédiatement.

 

 

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