Mouvement de fond ou simple mauvaise passe ? En tout état de cause, à force de se gaver, les investisseurs n'avaient plus vraiment d'appétit pour finir leur bol de techno, la semaine dernière. Alors qu'en Europe, le secteur affichait la plus mauvaise performance de fin de semaine, de l'autre côté de l'Atlantique, l'indice Philadelphia Semiconductor enregistrait un décrochage hebdomadaire de près de 10 %. Alors, crise de foie ou crise de foi ? Difficile encore à dire.
Le mouvement de la semaine dernière pourrait tout aussi s'apparenter à une diète estivale des investisseurs pour préparer leur summer body… Réduction de leur surcharge sectorielle en brûlant les lipides technologiques accumulés et stockés sur la première d'année + régime ultra-protéiné à base de secteurs plus traditionnels motivé par l'ouverture de la saison trimestrielle. À commencer par les banques américaines dont les résultats sont, une fois encore, riches en bonnes surprises.
Or, parallèlement, les géants de la tech ont de plus en plus de mal à surprendre des investisseurs toujours plus exigeants. D'autant que les éléphants américains doivent désormais composer avec les souris asiatiques. Après DeepSeek, c'est désormais Moonshot AI qui fait trembler les pachydermes US. La semaine dernière, la start-up chinoise annonçait le lancement de son modèle Kimi K3 en "open source" capable de damer le pion à ChatGPT et Claude. Et la montée en puissance des acteurs asiatiques bouleverse le marché à plus d'un titre. En Corée du Sud, l'essor de l'IA a déjà changé la face du Kospi cette année (voir graphique). L'engouement est tel que Séoul vient de suspendre la cotation des ETF à effet de levier particulièrement prisés pour la tech coréenne. Le champion national, Samsung, a annoncé il y a peu distribuer une prime moyenne de 290 000 dollars par salarié au titre de la redistribution de ses méga-profits ! Un facteur qui n'est d'ailleurs peut-être pas étranger à la décision de la banque centrale sud-coréenne de relever ses taux pour la première fois depuis trois ans afin de combattre l'inflation. En clair, la révolution "technasiatique" est en marche. Et, en tout état de cause, s'il y a crise de foi de la part des investisseurs, ce n'est pas tant vis-à-vis de l'IA que d'un modèle américain de plus en plus menacé.
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