L’année 2024 aura été volatile(1) pour l’ensemble des métaux. Pénalisé par une situation économique au ralenti en Chine et la décision des Banques Centrales de repousser un peu l’assouplissement des politiques monétaires, le secteur a mal commencé l’année. 

Puis, l’annonce par le gouvernement chinois de son intention de soutenir son économie, couplée à la clarification sur le calendrier de baisse de taux par les principales Banques Centrales ont redonné de l’élan au secteur, qui a connu une belle progression pendant l’été.

Mais l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a de nouveau pesé sur les cours. La volonté affichée par Donald Trump d’instaurer des barrières douanières en représailles au dumping commercial des industries chinoises fait craindre un ralentissement économique mondial qui pourrait peser sur la demande de métaux industriels.

Dans ce contexte, les métaux précieux, considérés par de nombreux investisseurs comme des valeurs refuge, réalisent une très belle année. L’environnement politique et géopolitique mondial a également incité les investisseurs à rechercher des actifs de protection. L’or signe ainsi sa plus belle progression annuelle depuis 2010, tandis que l’argent a connu une progression à deux chiffres.

PERFORMANCES MÉTAUX 2024 

METAUX performances 2024Sources : Ofi Invest AM et Bloomberg, du 30/12/23 au 31/12/24. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

 

PERFORMANCES DES MÉTAUX PRÉCIEUX EN 2024

Performances des métaux précieux en 2024

Sources : Ofi Invest Asset Management et Bloomberg, du 30/12/23 au 31/12/24. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. 

 

Les métaux industriels sont restés relativement stables au terme de l’année. Certains d’entre eux ont connu une belle progression (cuivre, aluminium, zinc…) mais ont abandonné une grosse partie de leurs gains après l’élection de Donald Trump, et aussi en raison de facteurs plus conjoncturels.

PERFORMANCES DES MÉTAUX INDUSTRIELS EN 2024 

Performances des métaux industriels en 2024

Sources : Ofi Invest Asset Management et Bloomberg, du 30/12/23 au 31/12/24. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

L’année 2025 s’annonce sous le signe de l’incertitude. Deux éléments majeurs décideront de l’ampleur de la performance des métaux. D’abord, la politique menée outre-Atlantique par l’administration Trump. La mise en place des barrières douanières évoquées pendant sa campagne pourrait avoir des conséquences sur le niveau du commerce mondial. Mais des paroles aux actes, il y a… la négociation. Les États-Unis sont un pays fort économiquement, mais pas complètement isolé. La Chine a ainsi commencé à poser quelques jalons pour les discussions à venir, en annonçant notamment en fin d’année dernière des restrictions d’exportation sur un certain nombre de métaux (gallium, germanium, antimoine…) et de technologies (batteries, traitement du lithium…), des suppressions de remises de taxes sur les exportations (aluminium, cuivre…). L’Empire du Milieu est notamment le principal fournisseur (plus de 50 %) des États-Unis pour 16 métaux.

Le résultat des négociations sera donc à surveiller. L’autre élément important sera l’attitude du gouvernement chinois. Celui-ci a indiqué vouloir soutenir son économie, et notamment la consommation, en berne depuis plusieurs trimestres. Les annonces ont d’ailleurs déjà commencé puisque, dans les tout premiers jours de janvier, le gouvernement chinois a annoncé des subventions sur la consommation de produits de grande consommation (téléphones portables, tablettes, montres électroniques, petit et gros électroménager…) et l’amélioration de l’outil industriel (machines agricoles…), mais aussi une prolongation de la prime à la casse, en grande partie responsable de la forte croissance des ventes de véhicules électriques en 2024.

Un tel soutien, s’il est combiné avec une poursuite de la politique de développement du réseau électrique et des technologies bascarbone pourrait à lui tout seul pousser nombre de métaux dans une situation d’offre insuffisante. Sur ce point, il est à noter que, dans les tous premiers jours de janvier, la Chine a indiqué qu’elle souhaitait même accélérer la modernisation de son réseau et qu’elle y consacrerait en 2025 un budget de 89 milliards de dollars, contre 80 l’an passé.

Rappelons que, malgré le ralentissement du secteur immobilier, la demande de métaux est restée très dynamique dans les autres secteurs d’activité. Nous observons d’ailleurs un découplage de plus en plus important entre la consommation des métaux nécessaires à la transition et l’activité économique globale, rendant globalement le secteur moins sensible à un ralentissement économique si la transition poursuit son développement.

Cela nous conduit à être très positifs pour le secteur pour l’année. La Chine semble avoir pris la décision de parvenir le plus rapidement possible à la neutralité carbone, ce qui soutiendra la demande, et de dynamiser la consommation, ce qui constitue un second facteur positif. Le risque principal réside dans une position dure de Donald Trump et de son gouvernement qui entraînerait une correction importante de l’économie. Mais celui-ci pourrait devoir faire des concessions, notamment à la Chine, ce qui devrait limiter les conséquences économiques de ses décisions. Certains, comme Emmanuel Hache, évoquent même les dépendances croisées entre la Chine et les États-Unis et la possibilité d’une collaboration entre les deux géants au détriment de l’Europe notamment.

 

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(1) La volatilité correspond au calcul des amplitudes des variations du cours d’un actif. Plus la volatilité est élevée, plus l’investissement dans cet actif sera considéré comme risqué. 

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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