L’année 2025 aura sans conteste été celle des métaux… L’or, l’argent, le cuivre et le platine ont particulièrement brillé en volant de sommets en sommets historiques.


Sur le plan politique et géopolitique international, les métaux industriels ont pris le devant de la scène. Avec le retour de Donald Trump à la présidence des États-Unis, l’Amérique a totalement rebattu les cartes du commerce international. Dès son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump a pris plusieurs décrets concernant les métaux, en faisant d’eux une ressource énergétique stratégique pour les États-Unis, avant de mettre en place des barrières douanières sur l’acier et l’aluminium. Le cuivre a suivi. Le manque de préparation de l’administration américaine a toutefois conduit à une réduction du champ d’application de la taxe, qui a en partie vidé la mesure de sa substance en excluant le cuivre raffiné de l’assiette taxable pour le moment. Le gouvernement a également lancé une enquête dans le cadre de la section 232 du « Trade Expansion Act »(1) pour l’ensemble des métaux figurant sur la liste des minéraux considérés comme critiques par l’USGS (l’institut géologique américain), ce qui pourrait déboucher sur la mise en œuvre de barrières douanières sur ces produits. La liste compte désormais 60 composantes, dont l’argent qui y a été ajouté en novembre 2025. 

Ces décisions ont participé à une dislocation des marchés de métaux. Sur le cuivre et l’argent notamment, une part importante des stocks a été déplacée de Londres vers les États-Unis pour devancer la mise en place de nouvelles taxes américaines, créant des goulots d’étranglements sur les marchés européen et asiatique. 

Cela a aussi été une source importante de volatilité(2), du fait de l’inconstance du président américain. Ainsi, l’annonce de potentielles taxes sur le cuivre en avril, puis sa confirmation en juillet, ont entraîné une forte hausse des cours du métal rouge outre-Atlantique, avant de connaître une baisse de près de 20 % en une journée le 31 juillet, après que le gouvernement américain a finalement exclu le cuivre raffiné des mesures tarifaires. 

Les métaux se sont aussi retrouvés au cœur des tensions géopolitiques et commerciales entre la Chine et les ÉtatsUnis, révélant leur caractère stratégique dans le cadre des transformations en cours du système économique mondial. L’an dernier déjà, la Chine avait mis en place des restrictions sur le gallium et le germanium notamment. Dès le début 2025, l’Empire du Milieu a également restreint les exportations de toutes les technologies liées à l’extraction et au raffinage des terres rares. Mais c’est surtout après l’annonce des barrières douanières par Donald Trump, lors du « Liberation Day »(3), que l’attention s’est cristallisée sur les métaux. En représailles, la Chine a en effet suspendu l’exportation de plusieurs terres rares, dont elle a le quasi-monopole de la production. Indispensables aux technologies militaires, à de nombreuses technologies bas carbne (éoliennes offshore, voitures électriques…), à la fabrication des puces nécessaires pour le déploiement de l’intelligence artificielle, ces éléments ont obligé l’administration américaine à reculer face à la Chine. En cornérisant les États-Unis - et le reste du monde - de la sorte, la Chine a fait prendre conscience au monde de sa domination totale dans ce secteur et de la menace existentielle qu’elle constitue. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a enfoncé le clou dans son rapport annuel « World Energy Outlook » publié fin 2025, en rappelant que la Chine domine l’approvisionnement de 19 des 20 métaux cruciaux pour les technologies de la défense, de l’aérospatiale, des énergies renouvelables, de la voiture électrique et de l’intelligence artificielle. 

Avec une part de marché de plus de 70 % sur ces 19 matières premières, la Chine est aujourd’hui dans une position de force dont il sera difficile de se libérer rapidement.

 

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