En 2025, les investisseurs se sont précipités pour profiter de la hausse de l'or jaune, mais il existe une autre couleur qui, étonnamment, se porte encore mieux : le vert, autrement dit les actions liées à l'énergie propre.
Emmanuel COSTE, Gérant d’actifs
Les valeurs de la transition énergétique se sont hissées tout en haut du podium : depuis les annonces tarifaires de la Maison Blanche début avril, leur indice mondial (le S&P Global Clean Energy Transition Index) a bondi d’environ 40 %, quand l’or et l’indice S&P 500 se contentaient d’une progression respective d’environ 30 % et 20 %. Pour couronner le tout, l’indice se négocie sur la base d’un ratio cours/bénéfices 2025 inférieur à celui de l’indice élargi (21.3x contre 25x), ce qui laisse présager un joli potentiel de rattrapage. Ce contraste montre qu’un portefeuille à thématique durable peut conjuguer éthique et performance, et l’éclat métallique de l’or fait pâle figure à côté de cet élan vert.
Et comme souvent en bourse, quand une couleur domine, une autre tente déjà de lui voler la lumière. Cette semaine, la flambée de l’argent blanc, qui a franchi la barre symbolique des 50 dollars, rappelle que l’appétit des investisseurs dépasse la simple couverture contre l’inflation : c’est une ruée portée par l’instinct, par ces « animal spirits » chers à Keynes. Cette envolée argentée, plus rapide encore que celle de l’or, illustre combien la recherche de refuge vire parfois à la quête de momentum.
Pour en revenir au vert, la performance est d’autant plus étonnante que le climat politique n’a rien de favorable. L’administration américaine a mis des bâtons dans les pales : son One Big Beautiful Bill Act (« OBBBA ») a accéléré la suppression des crédits d’impôt pour l’éolien, le solaire et les véhicules électriques. En parallèle, des milliards de dollars de projets ont été annulés, des permis ont été gelés et les incitations fédérales sabrées. Au lieu de plonger le secteur dans l’obscurité, cette rafale a permis aux acteurs de se recentrer et de clarifier les règles du jeu. Certains segments, comme la géothermie, le nucléaire et la capture du carbone, ont même été épargnés par les coupes et pourraient profiter de cette attention nouvelle.
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Par Emmanuel COSTE, Gérant d’actifs
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