Le lithium, autrefois minéral industriel de niche, est devenu une matière première stratégique de premier plan. Souvent qualifié d’« or blanc », ce métal alcalin blanc argenté est aujourd’hui au cœur de la transition énergétique mondiale.
Pour les investisseurs, le lithium représente une valeur ajoutée considérable ; il ne s’agit plus d’un simple pari cyclique sur les ventes automobiles, mais d’un investissement structurel sur l’électrification fondamentale de l’économie mondiale.
Si le secteur des véhicules électriques demeure le principal moteur de la demande de lithium, le déploiement rapide des systèmes de stockage d'énergie stationnaires (SESS) s'impose comme un puissant moteur secondaire. Cette diversification des applications finales redéfinit le rapport risque-rendement de l'ensemble de la chaîne de valeur du lithium.
Stockage stationnaire : pilier de l’électrification.
La transition mondiale vers les énergies renouvelables repose sur l’équilibre entre la production d’énergie variable et la production industrielle. L’intermittence inhérente de l’éolien et du solaire exige un développement massif des capacités de stockage par batteries afin de stabiliser les réseaux électriques et d’assurer l’alimentation de secours des industries. Le stockage stationnaire représente déjà environ 15 % de la demande mondiale de lithium, et ce chiffre devrait croître considérablement au cours de la prochaine décennie.
Source : Banque J. Safra Sarasin SA.
En lissant la fréquence et en stockant le surplus d'énergie solaire produite en journée pour les pics de consommation en soirée, les batteries remplacent de plus en plus les centrales à gaz de pointe, peu performantes. Le principal obstacle économique à cette transition a été levé. Le coût des batteries lithium-ion étant désormais constamment inférieur au seuil critique de 100 USD/kWh, leur adoption à grande échelle a atteint un point de bascule. Cette évolution est portée par la technologie lithium-fer-phosphate (LFP¹ ) , privilégiée par les gestionnaires de réseau pour sa sécurité accrue, sa durée de vie plus longue et son coût inférieur à celui des technologies à base de nickel.
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Par Asad Farid, Gestionnaire de portefeuille et
Katya Wisniewski, Analyste en investissement durable
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