Que retenir de l'actualité de marché du 13 mars 2026 ? Réponses avec le décryptage de Xavier Chapard.
Vue d'ensemble
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Entre la poursuite de l’escalade sur le terrain des deux côtés et les signes que l’administration américaine souhaite limiter l’ampleur et la durée du choc énergétique, les marchés hésitent et restent très volatiles. L’amplitude des variations des prix du pétrole et du gaz au cours de la semaine a été extrême (près de 40 dollars par baril et plus de 10 EUR/MWh), et les prix sont, à la fin de la semaine, 50 % au-dessus de leur niveau de fin février.
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Sur le terrain, la guerre dure désormais depuis 14 jours, dépassant la guerre des 12 jours de juin dernier. Les bombardements israélo‑américains restent intenses et touchent de plus en plus les infrastructures civiles. De son côté, la stratégie iranienne visant à désorganiser le marché de l’énergie se confirme, avec la fermeture de fait du détroit d’Ormuz depuis deux semaines, ainsi que l’attaque de tankers dans le golfe Persique et de ports omanais au‑delà du détroit.
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L’Agence internationale de l’énergie a annoncé que ses membres allaient fournir 400 millions de barils en puisant dans leurs stocks stratégiques, dont près de la moitié serait fournie par les États‑Unis. C’est une décision historique qui pourrait compenser une baisse temporaire de l’offre de certains puits ou ports du Moyen‑Orient, ou une réduction légère du trafic par le détroit d’Ormuz. Mais cela reste loin de compenser une fermeture prolongée et importante d’Ormuz.
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Le risque reste donc important à court terme. Si les prix de l’énergie devaient rester durablement au niveau actuel, cela augmenterait de 1 pt l’inflation de la zone euro cette année et réduirait la croissance de 0,4 pt par rapport à la situation de fin février. Un choc plus important et durable remettrait en cause le cycle économique, même si les États commencent à annoncer des mesures fiscales pour amoindrir le choc.
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Cela dit, nous pensons toujours que la pression politique aux États‑Unis (via l’opinion publique et les prix de l’essence) et la pression économique et géopolitique sur l’Iran (via la Chine) devraient favoriser une désescalade des tensions et la normalisation du marché du pétrole d’ici quelques semaines. Si c’est le cas, le scénario macro devrait rester plutôt positif pour les marchés à horizon 3 à 6 mois. D’autant qu’historiquement, les marchés rebondissent très vite dès que les risques géopolitiques commencent à refluer.
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En tout cas, l’incertitude extrême ne rend pas la tâche facile aux banques centrales, dont les quatre plus importantes se réunissent la semaine prochaine (Fed, BCE, BoE et BoJ). Nous pensons qu’elles vont rester en attente, tout en indiquant qu’elles sont prêtes à agir si nécessaire.
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Pour la BCE, la mise à jour des prévisions économiques ne sera pas très intéressante puisque les hypothèses sur les prix de l’énergie ont été établies à partir des prix de février, avant le début de la guerre. Cela dit, le staff de la BCE pourrait présenter des scénarios pour aider à analyser l’impact des différents chocs possibles. Les discours des membres de la BCE depuis le début de la guerre ont été unanimes sur le besoin de garder son calme à court terme, même si la majorité a noté que le risque de hausse des taux avait augmenté. Nous pensons qu’il est très peu probable que la BCE change ses taux avant juin, et que le risque de hausse des taux cette année a augmenté mais reste limité.
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Pour la Fed, les données d’inflation de février ont confirmé que l’inflation était sur une trajectoire légèrement baissière, mais qu’elle restait nettement au‑dessus de la cible avant le début de la guerre. Vu la hausse déjà acquise de l’inflation en mars/avril et l’incertitude sur les mois suivants, la Fed devrait être confortée dans sa volonté de maintenir ses taux stables dans les prochains mois et d’être ouverte à des hausses comme à des baisses de taux à partir de l’été, en fonction de l’évolution des risques pesant sur l’inflation et l’emploi. D’autant que l’administration américaine ne recule pas sur les tarifs, en déclenchant cette semaine des enquêtes contre seize grands partenaires commerciaux, dont la Chine et l’Union européenne, et en promettant des enquêtes sur soixante autres pays à venir bientôt. Cela confirme que l’objectif est de maintenir durablement les droits de douane au niveau d’avant la décision de la Cour suprême.
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L’Agence internationale de l’énergie a annoncé cette semaine que ses pays membres allaient mettre sur le marché 400 millions de barils de pétrole en puisant dans leurs réserves stratégiques. Il s’agit d’une décision historique qui souligne l’urgence de la situation. Moins de deux semaines après le début de la guerre en Iran, les pays développés s’engagent à “dépenser” plus du tiers de leur assurance contre une pénurie de pétrole.
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