Le mois de mars a été marqué par une forte montée des tensions géopolitiques, entraînant une envolée des prix du pétrole et ravivant les craintes d’un choc stagflationniste. Dans ce contexte, la volatilité a fortement augmenté sur l’ensemble des classes d’ actifs, en particulier sur les marchés obligataires, avec une réaction marquée des taux courts. Les marchés High Yield ont enregistré des performances négatives (-2.69% en Europe et -1.13% aux Etats-Unis), pénalisées à la fois par la hausse des taux et l’élargissement des spreads, plus prononcé en Europe qu’aux États-Unis. Malgré un environnement plus tendu, le marché est resté fonctionnel, offrant des opportunités d’investissement dans un contexte de rendements redevenus attractif.
" Les rendements redeviennent attractif "
Responsable de la gestion Crédit
Stratégie High Yield
Le conflit avec l’Iran a dominé l’actualité en mars, après les frappes menées par les États-Unis et Israël sur l’Iran le 28 février. Ces événements ont provoqué une envolée spectaculaire des prix du pétrole (Brent +44 % à 104 $/baril), les marchés intégrant progressivement l’hypothèse d’un conflit plus durable alors qu’un affrontement bref était initialement anticipé. La forte hausse des prix de l’énergie a ravivé la perspective d’un nouveau choc stagflationniste, entraînant une correction marquée sur l’ensemble des classes d’actifs. Sur le seul mois de mars, le S&P 500 a enregistré sa plus forte baisse mensuelle depuis un an (-4,98 % en devise locale), tandis que le Stoxx Europe 600 a connu son plus fort recul mensuel depuis juin 2022 (-7,54 % en devise locale).
Le marché des taux souverains a connu un fort regain de volatilité, en particulier sur la partie courte de la courbe. Face au risque d’une résurgence marquée de l’inflation liée à la hausse des prix du pétrole, les investisseurs anticipent désormais jusqu’à trois hausses de taux de la BCE en 2026 et aucun mouvement de la Fed (contre deux baisses précédemment anticipées). Les taux courts ont fortement progressé (+62 pb sur le 2 ans allemand et +42 pb sur le 2 ans américain), tandis que les taux longs ont également augmenté, mais plus modérément (+36 pb sur le Bund et +38 pb sur le Treasury américain à 10 ans). Cette dynamique a entraîné une hausse marquée de la volatilité obligataire, quasiment doublée par rapport à fin février, tandis que celle des marchés actions a progressé d’environ 50 %.
La performance des marchés High Yield a été négative en mars (-2,69 % pour le High Yield euro et -1,13 % pour le High Yield américain), pénalisée par l’effet combiné de la hausse des taux et de l’élargissement des primes de risque. Celui-ci a été plus marqué en Europe (+68 pb) qu’aux États-Unis (+18 pb), reflétant une perception plus défavorable des conséquences du conflit pour l’Europe. Si la liquidité s’est réduite dans un contexte de volatilité accrue, le marché est toutefois resté fonctionnel : aucun « panic selling » n’a été observé, les principaux flux provenant des ETF. Par ailleurs, si quelques émetteurs ont accédé au marché primaire, les volumes sont restés limités, la majorité préférant attendre une accalmie.
Nous avons été très actifs sur l’ensemble de nos portefeuilles afin de tirer parti des opportunités générées par le regain de volatilité. Tout en conservant un positionnement globalement prudent sur les primes de risque, nous avons ajouté du risque en fin de mois à la suite de l’écartement marqué des spreads. Nous avons également mené plusieurs opérations tactiques via les dérivés de crédit. Après avoir réduit la duration fin février / début mars, nous l’avons de nouveau augmentée en deuxième partie de mois, à la suite de la forte hausse des taux. Nous avons par ailleurs renforcé certaines positions offrant des rendements attractifs au sein de notre fonds à échéance Opportunité High Yield 2028. Enfin, nous avons profité de l’augmentation des rendements pour lancer un nouveau millésime de fonds à échéance : SLF (F) Opportunité High Yield 2032.
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