Ni guerre ni paix semble être le paradoxe dans lequel se trouve le conflit armé entre les Etats-Unis et l’Iran. En effet, si bien qu’on n’a plus eu d’attaques violentes de part et d’autre depuis plus d’un mois, les discussions sur un accord de paix n’avancent pas vraiment. Les propositions de chaque camp sont systématiquement rejetées par l’autre. Nous continuons à penser que la situation actuelle traduit bien le désir des autorités de chaque pays de finir ce conflit.
Vue d'ensemble
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Toutefois, le manque d’accord se traduit par la persistance du blocage du détroit d’Ormuz, ce qui maintient le prix du baril de pétrole au-dessus de 100 dollars. En perdurant, cette situation continue d’être un handicap pour la croissance de l’économie mondiale. Néanmoins, jusqu’ici, ce choc énergétique a pu être absorbé sans dégâts majeurs pour l’activité, même si des différences notables sont visibles entre régions et pays. Mais, le risque existe toujours que, sans une résolution assez rapide, les effets négatifs de ce conflit se propagent davantage.
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Le PMI composite (industrie et services) global compilé par JPMorgan à partir des enquêtes de S&P a montré qu’en avril l’activité résistait, notamment grâce à l’industrie. En effet, l’indice de production manufacturière a atteint son plus haut niveau depuis juillet 2021. Cette bonne performance était visible dans presque toutes les zones. Néanmoins, en Zone euro, la bonne tenue de l’industrie semblait refléter plus un stockage de précaution qu’une demande robuste. En fait, la plus grande faiblesse de la zone relativement à d’autres pays et régions était surtout palpable dans les services, passant en territoire de contraction avec un indice au plus bas de l’année. Clairement, le choc énergétique semble avoir cassé la dynamique de croissance dans la région.
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Aux Etats-Unis, les indicateurs PMI d’activité ont montré que les entreprises continuaient à résister. Toutefois, alors que l’activité dans les services fléchissait sur le mois d’avril, l’industrie montrait encore une grande solidité. Cette robustesse traduit en partie la bonne dynamique de l’investissement, notamment associée au secteur de la technologie et plus spécifiquement au développement de l’Intelligence artificielle. Cette résilience de ce moteur de la croissance américaine reste un soutien fort de la bourse américaine.
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En même temps, le message des enquêtes PMIs (ISM, industrie et services) sur les intentions d’embauche des entreprises était plutôt médiocre pour avril. Mais, la publication du rapport sur l’emploi d’avril s’est avérée bien plus positive. En effet, 115 mille créations d’emplois nettes ont eu lieu sur le mois selon l’enquête auprès des entreprises, soit bien plus qu’attendu. Aussi, le taux de chômage est resté stable à 4,3 %. Ces chiffres, après les 185 mille emplois créés en mars, montrent que le marché de l’emploi se reprend, en dépit des incertitudes générées par le conflit au Moyen-Orient.
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Cette bonne tenue de l’emploi suggère que les ménages américains pourraient maintenir leur appétit de consommation. Toutefois, il faut rester prudents car les enquêtes montrent que le consommateur ressent bien le choc énergétique sur son pouvoir d’achat. Ceci n’est pas étonnant avec un prix de l’essence qui est proche de 4,5 dollars par gallon, soit proche des hauts niveaux atteints lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. De fait, l’enquête préliminaire pour le mois de mai sur la confiance de l’Université du Michigan a atteint un nouveau plus bas historique. Les anticipations d’inflation restent à un niveau élevé.
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En Chine, après des enquêtes PMI solides pour l’industrie mais aussi pour les services, on a pu constater que le commerce extérieur était resté aussi très dynamique en avril en dépit de la guerre. En effet, les exportations ont rebondi de 14 % en glissement annuel, bien plus qu’anticipé. La demande pour des produits électroniques a notamment connu une croissance conséquente, notamment en provenance des Etats-Unis. En partie, ceci peut s’expliquer par des contraintes à l’exportation moins fortes dues aux changements tarifaires américains, devant les dernières décisions de justice. Au total, les exportations restent un des moteurs importants de la croissance chinoise.
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Au Royaume-Uni, les élections locales de la semaine dernière, comme attendu, ont vu une défaite marquée des travaillistes au bénéfice du parti populiste de la Réforme (Reform Party). Cette défaite n’a pas d’impact direct sur la politique menée au niveau national. Toutefois, elle a fragilisé davantage la position de K. Starmer comme Premier ministre. Ainsi, les appels à sa démission sont montés d’un cran. Pour les marchés, notamment pour le marché obligataire, cette instabilité politique est une source d’incertitude sur la politique budgétaire du pays. Comme on le sait, les obligations souveraines portent déjà une prime conséquente liée à l’excès d’endettement du pays. De fait, les taux longs britanniques subissaient hier une montée bien plus marquée que leurs pairs. Dans ce sens, le très fort vote populiste qui s’est exprimé la semaine dernière ne semble pas aller dans le sens de l’apaisement des tensions à court terme.
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