Les dernières statistiques confirment que la consommation des ménages demeure le principal point faible de l’économie. En mai 2026, les ventes au détail se sont contractées de 0,6 % sur un an (cf. graphique 1). Il s’agit de la première baisse depuis plus de trois ans. Certes, une partie de ce recul s’explique par un effet de base défavorable après les programmes de subventions mis en place l’an dernier. Toutefois, la contre-performance est généralisée. Les dépenses discrétionnaires, telles que les loisirs, la restauration ou certains services, continuent de montrer des signes d’essoufflement. Les segments encore dynamiques, notamment les équipements de communication liés à l’IA, ont affiché un net ralentissement par rapport au début de l’année.

La faiblesse de la consommation reflète avant tout une dégradation durable du moral des consommateurs. L’indice de confiance évolue à des niveaux historiquement bas malgré la croissance de l’activité et les mesures de soutien mises en place par les autorités (cf. graphique 2). La crise immobilière, les incertitudes sur les revenus futurs et l’absence de protection sociale développée continuent d’inciter les ménages à privilégier l’épargne de précaution au détriment de la consommation. Les enquêtes de la Banque populaire de Chine montrent d’ailleurs que leur préférence pour l’épargne continue de progresser, atteignant un niveau historiquement élevé (plus de 60 % contre 45 % avant la pandémie, cf. graphique 3). En revanche, les intentions de consommation et d’investissement restent faibles.
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Par Thuy Van Pham, Economiste

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