La période estivale constitue traditionnellement un moment propice à la prise de recul et aux réflexions de fond. Comme l’an dernier, nous listons au sein de ce cahier de vacances (en deux parties cette année) quelques sujets chauds sur lesquels phosphorer durant l’été !
Florent Wabont, économiste chez Ecofi
1. Les banques centrales pourraient-elles encore remonter leurs taux directeurs ?
Depuis l’éclatement de la guerre en Iran, certaines banques centrales ont relevé leurs taux directeurs ou ont indiqué être en position de pouvoir le faire. Cependant, la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran mi-juin a permis la reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et a accentué le repli des prix du pétrole vers leurs niveaux d’avant-guerre, autour de 70$/ baril. Ces développements géopolitiques laissent entrevoir la possibilité d’une baisse généralisée de l’inflation, posant ainsi une question légitime : en a-t-on vraiment fini avec la perspective de hausse des taux ?
Commençons par examiner le cas de la BCE, qui a décidé d’augmenter ses taux directeurs de 0,25 % le 17 juin (de 2 % à 2,25 % pour le taux de facilité de dépôt) en réponse au choc énergétique induit par la guerre au Moyen-Orient. Comme nous l’écrivions ici, la probabilité d’un statu quo prolongé a considérablement augmenté et notre scénario central n’inclut désormais plus aucun mouvement supplémentaire cette année. Le pic d’inflation découlant du choc énergétique a vraisemblablement été franchi et une transmission large aux autres catégories de l’inflation apparaît peu probable à ce stade. Lors du forum de Sintra la semaine dernière, un événement organisé par la BCE réunissant chercheurs et banquiers centraux internationaux, Christine Lagarde a d’ailleurs indiqué que les risques sur l’inflation et la croissance étaient désormais plus équilibrés.
Il convient néanmoins de faire preuve de nuance.
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Par Florent Wabont, Economiste chez Ecofi
