La transition énergétique est à l’œuvre, partout dans le monde. Aujourd’hui, nous n’en sommes plus au stade des paroles mais bel et bien à celui des actes. La Chine illustre parfaitement ce changement, en réduisant rapidement sa dépendance aux énergies fossiles au profit d’investissements massifs dans l’éolien, le solaire et l’hydroélectricité. L’an dernier, 50 % des éoliennes et 65 % des panneaux solaires installés dans le monde ont été installés en Chine, où un barrage hydraulique géant est également en construction, avec une capacité théorique équivalente à 70 réacteurs nucléaires. Les premiers résultats de cette nouvelle politique sont d’ores et déjà perceptibles, se traduisant notamment par les premières baisses constatées des émissions de CO2 (dioxyde de carbone).
Ces évolutions entraînent des répercussions importantes sur l’industrie des métaux, tant en Chine qu’à l’international, et suscitent des réflexions sur l’indépendance énergétique européenne. La production d’énergie durable nécessite des métaux, quelle que soit leur nature : la transition énergétique induit donc un nouveau lien avec ces matériaux rares, elle pose la question de la cartographie et de la géographie des ressources. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si, parmi les nombreux décrets signés par le nouveau président des États-Unis lors de son arrivée à la Maison Blanche, huit concernaient la problématique de la production et l’extraction de métaux. Cela doit amener l’Europe et la France à y réfléchir à leur tour de manière très sérieuse, en mesurant leurs atouts et leurs faiblesses dans ce domaine. Nous devons calculer notre mix énergétique à l’aune de notre dépendance, pour réduire cette dernière. Voilà pourquoi nous pensons qu’il est essentiel aujourd’hui pour les investisseurs de s’intéresser aux mines, avec tous les enjeux de durabilité et de souveraineté que cela implique.
Édito de Jean-Pierre GRIMAUD Directeur Général OFI INVEST
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