Que retenir de l'actualité de marché du 29 mai 2026 ? Réponses avec le décryptage de Xavier Chapard.
Vue d'ensemble
-
Les prix de l’énergie ont nettement reflué cette semaine et sont revenus à leur niveau du début du cessez-le-feu mi-mai : le pétrole est nettement sous les 100 dollars, après avoir dépassé les 110 en milieu de mois. Les discussions entre Américains et Iraniens continuent et progressent, d’après les deux côtés, mais sans avancée concrète ni interruption des frappes « défensives ».
-
Vu le blocage d’Ormuz, qui est quasi total depuis 3 mois et retire 10 % de l’offre mondiale de pétrole (et de gaz), le choc de prix est étonnamment contenu. Cela reflète, selon nous, (1) l’optimisme quant au fait qu’une voie de sortie soit trouvée rapidement et (2) le fait que les stocks (américains et chinois pour le pétrole, européens pour le gaz) ont fortement atténué le choc d’offre jusqu’à présent.
-
C’est positif dans le sens où nous restons dans notre scénario central, qui abîme mais ne remet pas en cause le cycle économique et financier mondial, malgré un blocage d’Ormuz plus long qu’anticipé. Mais cela ne veut pas dire que le risque d’un scénario bien plus adverse ait diminué, puisque la capacité des stocks à baisser deviendra limitée dès cet été et que l’optimisme quant à la résolution du conflit est fragile, vu l’absence de progrès visible sur les nombreux points de blocage dans les négociations.
-
Après la poursuite du rebond des marchés cette semaine, notre scénario plutôt optimiste est totalement intégré dans les prix. Cela limite le potentiel de hausse à court terme et augmente le risque de correction au cas où notre scénario adverse se matérialiserait. Dans ces conditions, nous pensons qu’il est prudent de réduire à neutre le positionnement sur les actifs risqués.
-
Aux États-Unis, la consommation résiste grâce à l’emploi et aux ménages aisés, mais elle s’affaiblit sous l’effet de l’inflation, qui pèse sur les revenus réels. Cela devrait maintenir la croissance sous les 2 % en milieu d’année.
Côté prix, l’inflation accélère un peu moins que redouté en avril, mais la mesure préférée de la Fed augmente tout de même à 3,3 %, un plus haut depuis 2023. Avec une inflation qui reste plus d’un point au-dessus de la cible et des risques sur l’emploi maîtrisés, nous pensons que la Fed va maintenir ses taux inchangés et adopter un discours neutre en juin, malgré l’arrivée de son nouveau président. -
En zone euro, l’enquête de la Commission pour mai se stabilise après deux fortes baisses, suggérant que l’activité ralentit nettement mais sans s’effondrer au T2. C’est rassurant après la forte baisse du PMI en mai, en particulier pour la France, même si les risques restent baissiers pour les prochains mois.
Dans le même temps, les entreprises indiquent que la hausse de leurs prix de vente n’accélère pas davantage en mai malgré la hausse des coûts, ce qui suggère que les effets de second tour du choc énergétique sur l’inflation devraient être plus limités qu’en 2022. Dans ces conditions, nous pensons toujours que la BCE pourrait adopter un ton plus neutre après la hausse de taux attendue en juin.
Pour aller plus loin
Monde : Le choc énergétique est moins abrupt jusque-là, mais les risques persistent
Les prix du pétrole et du gaz refluent fin mai, même s’ils restent élevés
Le prix du pétrole est repassé sous les 100 dollars par baril depuis une semaine, avec les espoirs liés aux négociations entre les États-Unis et l’Iran. Il est au plus bas depuis les premiers jours du cessez-le-feu mi-avril, alors qu’il était repassé au-dessus de 110 en milieu de mois.
Cela dit, ces prix restent 25 dollars au-dessus de leur niveau d’avant la guerre en Iran, et les prix du pétrole à un an restent stables, 15 dollars au-dessus de leur niveau pré-crise. Les prix du gaz connaissent une évolution assez comparable.
Si l’on devait s’arrêter là, le choc énergétique serait significatif mais pas décisif, pour l’inflation (choc transitoire de l’ordre de 0,75 point sur un an) comme pour la croissance (de l’ordre de -0,3 point).
Pour lire l'article dans son intégralité,cliquez ICI.
Pour accéder au site de LBP AM, cliquez ICI.