Depuis des années, une conviction domine les marchés : privilégier les États-Unis et délaisser le reste du monde. Pour certains investisseurs, ce positionnement n’était même pas un choix délibéré. Il s’est progressivement imposé, porté par les performances relatives, l’évolution des indices de référence et l’effet cumulatif des flux se concentrant discrètement sur les segments les plus performants. Aujourd’hui, cette hypothèse mérite d’être examinée de plus près.
Un changement structurel, et non pas simplement un revirement conjoncturel
Les marchés sont souvent analysés sous l’angle des cycles : inflation, taux, croissance. Mais le changement que l’on observe aujourd’hui ressemble moins à un revirement conjoncturel cyclique classique qu’à une transition structurelle. Pendant des décennies, les marchés mondiaux ont évolué autour d’une seule monnaie de réserve, d’un seul centre majeur d’innovation et d’une destination privilégiée pour les capitaux internationaux. Les États-Unis ont particulièrement bien rempli ce rôle. Ce système n’est pas en train de s’effondrer, mais il évolue.
L’activité économique, l’innovation et le capital humain se diffusent progressivement à travers les différentes régions. Les flux de capitaux s’ajustent légèrement. Parallèlement, les risques spécifiques aux États-Unis liés à la politique commerciale, à la viabilité budgétaire et à la position géopolitique du pays sont revenus sur le devant de la scène comme ils ne l’avaient pas fait depuis des années. Pendant la majeure partie des quinze dernières années, les risques politiques et macroéconomiques ont surtout été associés à l’Europe et aux marchés émergents. Cette hypothèse est de plus en plus remise en question.
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