Indice EquiProfit : comment mesurer réellement le partage du profit dans les entreprises ? Eres publie un nouvel indicateur, l’indice EquiProfit, destiné à mesurer l’effort de partage du profit réalisé par les entreprises du SBF120. Eres revient sur les raisons de cette innovation et ce qu’elle apporte au débat public.
Pourquoi lancer un nouvel indice sur le partage du profit ?
Eres : « Depuis plusieurs années, nous observons un décalage entre la manière dont sont interprétés les montants de primes collectives versées — participation, intéressement, abondement, primes de partage de la valeur — et la réalité de l’effort fourni par les entreprises. Les entreprises les plus rentables apparaissent mécaniquement très généreuses en valeur absolue. Mais certaines entreprises moins rentables, qui consacrent pourtant une part importante de leur résultat aux salariés, restaient totalement invisibles dans le débat. Il manquait un indicateur simple et équitable pour mesurer l’effort réel de partage du profit. C’est pour répondre à ce besoin que nous avons créé l’indice EquiProfit. »
Qu’est-ce que l’indice EquiProfit ? Un indicateur qui mesure la part du résultat net qu’une entreprise consacre aux primes collectives versées aux salariés.
Concrètement, comment fonctionne cet indice ?
Eres : « EquiProfit est un ratio très simple : Montant total des primes collectives versées / Résultat net de l’entreprise. Il mesure donc quelle part du profit est consacrée aux salariés. Ce n’est ni un classement moral, ni un outil de culpabilisation : c’est une manière de comparer objectivement des entreprises de tailles et de secteurs différents, ce qui n’était pas possible avec les montants bruts. »
Qu’est-ce que cet indicateur révèle que l’on ne voyait pas avant ?
Eres : « Il change totalement la perspective. Grâce à EquiProfit, on met en lumière des entreprises qui, même avec un résultat modeste, ont fait un effort conséquent pour partager le profit avec leurs équipes. Dans l’approche traditionnelle — basée uniquement sur les montants absolus — ces entreprises étaient totalement invisibles. À l’inverse, certaines entreprises très rentables peuvent verser des montants élevés en euros mais consacrer en réalité une très faible part de leur profit au partage. EquiProfit permet de le voir. Ainsi, des secteurs comme le BTP, qui ne figurent pas parmi ceux distribuant le plus de primes de partage du profit en valeur absolue, se hissent pourtant à la première place du classement 2024 grâce à un indice EquiProfit de 16 %, soit le double du secteur arrivé en deuxième position ! »
L’indice est-il comparable entre secteurs très différents ?
Eres : « Oui, et c’est l’un de ses grands atouts. Les secteurs n’ont pas les mêmes marges ni les mêmes niveaux de performance. Avec un ratio rapporté au résultat, nous rendons possible une lecture trans-sectorielle homogène. C’est essentiel pour comprendre les pratiques du SBF120 dans leur ensemble. »
Certains pourraient dire que cet indice « favorise » les entreprises moins rentables. Que répondez-vous ?
Eres : « EquiProfit ne favorise personne. Il ne juge pas. Il mesure seulement l’effort relatif, c’est-à-dire la volonté d’une entreprise de partager sa performance avec ses salariés. Une entreprise très rentable peut avoir un excellent score ; une entreprise moins rentable aussi. L’objectif, c’est de donner une lecture juste et complète, pas de distribuer des bons points. »
Pourquoi utiliser le résultat net, qui peut être volatile ?
Eres : « C’est précisément parce qu’il reflète la performance distribuable à un instant donné. Une entreprise peut traverser une année plus difficile et choisir malgré tout de maintenir des politiques généreuses : EquiProfit le valorise. Sans cet indice, ces efforts passaient totalement inaperçus. »
Avez-vous vocation à publier régulièrement EquiProfit ?
Eres : « L’indice a été développé d’abord comme un outil analytique, fondé sur des données publiques et vérifiables. Nous étudions la possibilité d’en faire un indicateur annuel afin de suivre l’évolution du partage du profit au sein du SBF120. D’ailleurs, nous intégrerons désormais l’indice EquiProfit au Baromètre du partage du profit, notre étude annuelle qui analyse déjà plusieurs indicateurs sur les pratiques de participation, d’intéressement et de redistribution au sein des entreprises françaises. Les premiers retours des entreprises montrent un réel intérêt pour une telle publication. Cela montre qu’il y avait un vrai besoin de repères objectifs et lisibles pour rendre encore plus visible la politique de partage du profit. »
Qu’espérez-vous changer avec EquiProfit ?
Eres : « Nous voulons enrichir le débat sur la répartition de la valeur ajoutée. Aujourd’hui, on parle beaucoup du partage du profit, mais les lecteurs, les salariés, les médias ou même les dirigeants n’ont que des informations brutes, difficiles à comparer. EquiProfit apporte de la transparence, de la lisibilité et surtout de l’équité. Il permet de reconnaître les entreprises réellement engagées, quelle que soit leur taille. Et c’est, selon nous, une contribution utile au débat social actuel. »
Pour découvrir l’étude complète, cliquez ICI.
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